Auteur : ~IF~

Destinée

Emaillant ses nuits sans trêve,
L'Homme est guidé par les rêves
Qui lui insufflent une flamme
Afin de surmonter les drames.

Se traçant une voie,
Il y crée ses lois
Et chemine tout le long de son existence
Sur le tortueux sentier de ses espérances.

Se remémorant les erreurs d'hier
Afin de ne plus choir dans ces travers
Et préférer la sagesse
A la grisante ivresse.

Il fait de son destin
Un merveilleux festin
Où s'attablent bonheur et sérénité
Pour un banquet qui dure l'éternité.

Il y invite ses frères et sœurs
A partager ces moment de douceur
Qui transforment la vie
En une route fleurie.

Il erre de vœux en vœux,
Cherchant à devenir deux
Et offrir ses joies et ses peines
A celle qui sera sa reine.

If


Ils se sont trouvés

Ils s'étaient égarés, solitaires,
Noyés dans la brume délétère
D'une bonne âme qui ne voulait plus paraître,
Des festins de l'amour qu'ils refusaient de connaître.

Errant loin des sentiments
Qu'ils trouvaient très exigeant
Pour leur cœur fébrile,
Beaucoup trop fragile.

Ils n'osaient s'aventurer
Hors des murs de leur cité,
Bien à l'abri
Dans leur doux nid.

Restant froid à toutes les tentatives
De les sortir de leur vie oisive
Et ignorant les élans romanesques,
Préféraient le sable des barbaresques.

Mais un beau jour, ils se sont trouvés,
Ne sachant, à leur voeux résister,
Toutes les nuits, ils se sont aimés
Sans jamais pouvoir se rassasier.

Se nourrissant de l'autre,
Ils étaient deux apôtres
Voguant hors du temps présent
En s'aimant intensément.

Ils construisaient leur folle existence
Avec le ciment de leur attirance,
S'abritant sous un toit de fleur
Témoin d'un merveilleux bonheur.

En devenant un,
La joie de chacun
Engendrait les arcs-en-ciel
D'un monde providentiel.

Ils s'y promenaient en liesse,
Répandant mille tendresses
Afin de cultiver la sérénité
Et s'enivrer du nectar à satiété.

If


L'Elue

Toute en tendresse
Et douceur,
Tu es caresses
Sur mon cœur.

Tu es chaleur
Dans les rayons de soleil
Et le bonheur
Qui m’illumine au réveil.

Le port vers lequel j’appareille
Dans mes rêves fabuleux ;
Le sourire qui m’émerveille
Et m’emporte vers les cieux.

Tu es l’eldorado
De tout marin,
La rose qui éclot
Dans mon jardin.

L’aurore sur ma vie
S’est levée,
Le jour où,
Toi ma mie,
Tu es née.

Ta présence,
De l’aube à la nuit,
Est si dense
Que le noir s’enfuit.

Tu m’as jeté l’âme
Dans ma main
Et porté la flamme
En mon sein.

If


Le Mystique

Poussé par sa foi,
S'enfonçant profondément
Hors du monde des vivants,
Il porte sa croix.

Pour la pieuse quête
De son âme perdue,
De la vérité nue,
Il devient ascète.

Ignorant son estomac
Pour mieux nourrir son esprit,
Prie le jour et la nuit
Les forces de l'au-delà.

Retiré sous un pic altier,
Dans un sombre ermitage,
Il cherche la voie des sages,
Seule issue au désert.

Pratique les asanas
Pour l'amener en méditation,
A une meilleure communion,
Au plus près du nirvana.

Il vogue dans l'éther,
Aussi léger qu'une plume
Emportée par la brume
Vers de lointaines mers.

Visite le monde
Plongé dans la pénombre
Des incultes en nombre,
Fiers de leur faconde.

Répand les paroles
Que l'Homme voudrait entendre,
Toujours prêt à apprendre,
Quelle que soit l'école.

Ces antiques croyances
Semées tout le long du chemin
Laissaient espérer pour son destin
L'ultime délivrance.

If


Le Sentier Lumineux

C’est une oasis ensoleillée,
Au sein d’un désert inhabité,
Un arc-en-ciel aux teintes irisées
Qui rassemble tous les isolés.

Comme un sésame,
Il ouvre de nouveaux horizons
Et tend la flamme
Aux timides, bâtisseurs de prisons.

Inondé de lumière,
Bordé d’une infinité de senteurs,
Il tient lieu de cerbère
Menant les égarés vers la lueur.

Ce chemin vers l’âme sœur,
Ignorant les ténèbres du passé,
Leur apporte le bonheur
Dont ils se croyaient, à jamais, privés.

Le miracle permanent
S’y perpétue tout le long des jours
Et transforme les manants
En princes dotés des plus beaux atours.

C’est la voie royale
Qui unit dans la même âme :
La femme idéale
Et l’homme ému par ses charmes.

Il est nid de promesse
D’un amour partagé,
D’enivrante allégresse
Au goût d’éternité.

If


Les Yeux

A la lueur des chandelles,
Issu du noir des prunelles ,
S’offre un firmament sans voile,
Où scintillent mille étoiles.

On y voit : danser des galaxies,
Où germera peut-être la vie,
Naître de nouveaux mondes
Qui entreront dans la ronde.

Leur incroyable profondeur
Et leurs inouïes couleurs,
M’entraînent dans l’unique univers,
Où les astres voguent sur la mer.

Le jour, ils se teintent d’azur,
Se parent du bleu le plus pur
Et envoûtent les sens,
Rien que par leur présence.

Ils ont volé à l’éther, le cyan,
Pour devenir regard éblouissant
Ou oasis de lumière
Par une nuit délétère.

Dans les moments de tristesse,
Quand, par mégarde, on la blesse,
De ses deux saphirs
Coule un élixir.

Il soulage son âme,
Se perd en chaudes larmes,
Que l’on sèche avec ferveur,
Pour retrouver la lueur.

Alors, un jour neuf se lève
Sur sa peine qui s’achève,
Et le soleil, sa vigueur retrouvée,
Lui rend enfin, le bonheur d’être aimée.

If


Migraine

Le macabre glas l’annonce,
Chante la perte du serein
A l’esprit sourd qui s’enfonce
Dans ce marécage malsain.

Elle déchaîne la tempête,
Hurle la colère des Dieux
Aux oreilles des âmes inquiètes,
Leur cœur tendu vers les cieux.

Assaillant de toutes parts
Ce corps si mal défendu,
Elle éventre les remparts
De ses doigts froids et crochus.

Eole rugit en son sein,
Souffle sur les illusions,
Inocule son venin,
Pénètre jusqu’aux tréfonds.

Elle nous tient à la merci
De ses flèches acérées,
Nous rejette avec mépris
Dans une attitude prostrée.

Ultimes défenses abattues,
Sans aucune retenue,
Son dernier assaut nous tue,
Ne laissant qu’une âme nue .

If


MONTAGNE

Pics issus d’une mer blanche,
doigts pointés vers l’azur,
récifs aux arêtes franches,
temples d’or aux hauts murs,
lieux d’incessants pèlerinages
où se rejoignent corps et esprits,
démontrant à chacun son courage
face à l’ascension de l’inédit.

Telles de minuscules lueurs,
les hommes serpentent vers les cimes,
chaque pas posé avec vigueur,
éloignant d’autant les abîmes.
Tout le long de l’escalade,
le sac de plus en plus lourd,
l’âme en pleine panade,
le souffle devient trop court.

Le vacarme de la veille s’est tu,
seuls résonnent les bruits de la roche
roulant sous nos pieds las et perclus
à la poursuite du sommet proche.
Le cerveau se vide de toute pensée ;
restent les automates gravissant cette pente
qui monte vers les hauteurs des empyrées,
but de cette folie indécente.

De durs abattements se succèdent
sur le dos courbé des pénitents ;
oubliant la raison de leur quête,
ils deviennent des spectres errants
se débattant sans cesse avec leur tête
du bien fondé de leurs efforts,
se demandant s’ils méritent bien la fête
que leur offre l’assaut de ce fort.

Le ciel à portée de main,
le château s’est livré.
Nos cellules perdent leur latin
devant tant de beauté :
petits lacs et névés
illuminent les pierres grises,
font naître les glaciers
de la montagne que l’on prise.

If

NOUS

Les flèches d'Eros nous ont pris pour cible,
nous unissant d'un amour invincible.
Le visage béat, main dans la main,
nous cheminons vers un glorieux destin.

Sous nos pas, éclosent des fleurs,
révélant les tendres senteurs
qui nous envoûtent,
ôtant nos doutes.

Envolés les problèmes
quand tu m'as dit : "je t'aime".
Tu as changé mes matins blêmes,
en après-midi de bohème.

Des ailes ont poussé
sur mon dos torturé;
je suis devenu géant
dans le monde des vivants.

La lumière a pris une autre teinte,
les goûts et les couleurs ont changé d'empreintes,
nous ouvrant les yeux de l'âme
sur notre ardente flamme.

Cette vision si belle
germant dans tes prunelles,
offre un site enchanteur
où la vie devient bonheur.

Partageant notre tendresse
en nuées de caresses,
nous comblons chacun de nos désirs
avec un voluptueux plaisir.

L'amour nous mènera au bout du monde,
je serai Léonard, toi ma Joconde,
nous serons Valentine et Valentin
pour une éternité de lendemains.

If


ÔDE à L’AMOUR

Plonger dans l’onde tumultueuse
d’un amour éperdu,
c’est chevaucher les lames furieuses
d’une mer d’imprévus .

S’imprégner le cœur et l’esprit
d’une moisson de tendresse,
pour en couvrir, chaque jour, le nid
de l’envoûtante princesse .

Dès l’éveil, caresser son âme
de paroles exquises,
attiser la fragile flamme
face à la fraîche brise .
v Conserver le précieux nectar
des émotions vécues,
qu’il devienne le doux étendard
des leçons retenues .

Au zénith de cette ère dorée,
baignés de chants fleuris,
les cœurs s’élèvent vers les nuées,
où s’ouvre leur paradis .

A tout instant, louer la chance
de vivre dans le partage,
l’union d’un couple d’existences
délivrées des orages .

If


RENAISSANCE

A la poursuite de chimères
le coeur en suspend,
sur un horizon de lumière
posé hors du temps,
j'errais au fil de ma vie,
me languissant de toi;
n'ayant qu'une seule envie:
te prendre dans mes bras.

J'ai longtemps cherché
le chemin fleuri du coeur,
qui avec piété,
s'élève vers la lueur.
Une étrange oasis
tapie au fond de l'âme,
ornée de blancs lys
qui nourrissent les flammes.

C'est une petite île
qui émerge de la conscience;
lieu aux odeurs subtiles,
où le miel coule en abondance
pour creuser des torrents magiques
sur les flancs de l'indifférence,
noyant de vues idylliques
les murs d'une ultime défiance.

Une aurore a surgi
à l'aube de ma vie;
chassant la sombre nuit
aux ténèbres infinies,
elle m'a ouvert les yeux
sur une nouvelle existence,
toute vouée au merveilleux
et prête à offrir sa confiance.

Elle est clairière dans la forêt;
couverte d'une mousse irisée
se reflétant dans le firmament
par des taches blanches et azurées;
illuminée par le soleil,
parsemée de douces senteurs,
elle est le but des coeurs en éveil,
en quête d'un insouciant bonheur.

If


SILENCE

La magie des mots
s’égare dans la brume
et les tendres propos
s’envolent sur l’écume.
Le verbe s’éteint doucement,
recouvert par l’or du silence
qui le noie d’un noir océan,
d’une nuit emplie d’absences.

Les paroles ont pris leur essor
vers un des mondes sombres,
où, se cachant tels des trésors,
elles restent dans l’ombre.

Le règne des non-dits
entonne son chant de gloire
et sonne l’hallali
d’un langage illusoire.

Les ultimes syllabes sont tombées,
entraînant les phrases qu’elles formaient
dans le flux des omissions reniées
et pour l’éternité, disparaissaient.

La voix de l’homme s’est tue,
les sons n’ont plus franchi sa bouche ;
oubliant son âme émue,
il s’est endormi sur ses souches.

If


VISAGE

Ses yeux
Teintés d'azur, deux étoiles
offrant aux regards,
le visage, nu de tout voile,
d'un amour sans fard.
Son nez
Une légère éminence
qui lui permet de humer chaque senteur,
d'en mesurer les fragrances
afin d’inventer des parfums enchanteurs.
Sa bouche
Ornée de doux coussins
cachant une barrière blanche,
elle est prête aux câlins

de sa langue leste et franche.
Ses oreilles
Tapies sous un duvet soyeux,
elles s'ouvrent au moindre appel,
rassemblant tous les sons mélodieux
en une sonate de pastel.
Ses cheveux
Une toison sauvage,
tissée de fils d'or,
surmontant le paysage
d'un sourire sans remords.
Son cou
Posé sur un atlas gracile,
il se joue du vent,
avec la puissance tranquille
du plus doux des serpents.
Elle .
Son port de reine
illumine de ses charmes
mes jours de veine
par de scintillantes flammes.

Son nez, sa bouche et ses oreilles,
ses cheveux, ses yeux et son cou,
composent les incroyables merveilles
qui m'ont rendu amoureux fou

If


VOYAGE

Le firmament d’un bleu royal,
Une mer calme et paisible,
La bise nous pousse d’un vent loyal
Vers un horizon invisible.

Bien vite oubliées, les rumeurs du port,
Ne laissant que les bruits des voiles
Et ceux des ordres secs réglant notre sort
Tracé sur la voie des étoiles.

Déjà trois semaines que nous avons appareillé ;
Passées, les colonnes d’Hercules,
Pas âme qui vive dans ce désert illimité
Où, même les armées reculent

Les maladies commencent leurs ravages :
Scorbut et diphtérie frappent aveuglément.
Abandonnant parfois des corps dans son sillage,
La caravelle fend les flots toujours droit devant.

La mort rôde autours de l’équipage :
De ses doigts osseux,
Prélève son dû pour le grand voyage
Au pays des dieux.

Sur le navire, la colère gronde ;
Rendant responsable le capitaine
De ces maux qui, sur les hommes abondent ,
Nous promettait la fin toute prochaine.

La mutinerie couvait en notre sein ;
Dans peu de temps des armes feraient irruption
Dans les mains des mutins en quête de butin,
Menaçant la survie de l’expédition.

Le commandant veillait au grain ;
Il nous convoqua tous sur le pont
Et nous promis de prendre soin
De notre survie en son nom.

Nous rassurant sur le destin ;
Il se montra fin psychologue,
Nous promettant tous les festins
A l’issue de son monologue.

Au loin, la couleur du ciel
Se faisait menaçante ;
Des nuages chargés de fiel
Levaient des déferlantes.

Eole nous emportait dans ses hurlements ;
Il nous fallait affaler les voiles,
Les resserrer dans des toiles sur les haubans
Pour espérer revoir les étoiles .

Les éclairs et grondements de tonnerre
Envahirent l’espace et la pluie tomba dru,
Nous ballottant d’une main meurtrière
Avec la force d’un monstre surgissant d’abîmes inconnus.

De sinistres craquements se firent entendre ;
La coque, dans un profond gémissement, se fendit en deux,
Nous projetant par dessus bord, la peur au ventre ;
Dans l’onde déchaînée : on remettait son âme à dieu.

Et, le lendemain, réveillé par la chaleur du soleil,
Agrippé à un amas de planches et de cordages,
Je scrutais vainement à l’horizon, tous sens en éveil,
La mer à perte de vue, sans trace du naufrage.

J’étais seul au sein de cette immensité,
Perché sur mon radeau de fortune,
Je guettais tout rivage à proximité,
Quand j’entrevis une langue brune.

Un courant me poussa vers ce refuge inespéré
Qui, grossissant rapidement, se couvrit de taches vertes,
Révélant des arbres se découpant dans le ciel bleuté :
Un asile contre la mer qui avait juré ma perte.

Après un long repos, j’entrepris l’exploration de mon nouveau domaine ;
Et l’île couverte d’une végétation variée et abondante,
M’offrait des paysages fabuleux. Mes recherches ne furent pas vaines :
Je ne mourrai pas de faim dans cet éden garni de fruits aux chairs succulentes.

La construction de mon précaire abri,
Du fait d’un manque certain d’outil,
Me causa pas mal de soucis
Et je fus fier, une fois celui-ci bâti.

Ma vie partagée entre chasse, pêche et cueillette,
Me laissait tout loisir pour ériger un nouvel avenir ;
Oubliées les villes, leur frénésie et leurs paillettes ;
Je profitais d’un lieu où seul le froid oblige à se vêtir .

Un navire a fait, un jour, relâche,
Mais je me suis tapi à l’ombre d’inextricables fourrés,
Ne désirant par que ma présence se sache ;
Je ne voulais, à aucun prix, être privé de liberté.

If

 


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Mise à jour : le 28 décembre 2004