Auteur : ~Charles Sabatier~
Poésies animées
DERAISON
Il m’arrive parfois ma porte condamnée ,
De me livrer tout seul à des débordements .
Incongrus , malaisés , que mon âme damnée
Sans cesse me quémande , bien trop avidement .
Je sais qu’il ne faut pas , que ces étranges rites
Dans ce monde illusoire sont une perversion ;
Qui n’est pas prohibée certes , mais qui mérite
Un peu d’humanité , beaucoup de préhension .
Car se donner tout seul ce plaisir est étrange ,
Alors qu’existent ailleurs tant de complicités ;
Et cet isolement de l’esprit , seul dérange
Ceux qui souhaitent de moi , d’autres urbanités .
Je me complais béat dans cette déraison ,
Et je n’écoute rien de leur chant d’hélépoles .
Je persiste , opiniâtre , à clore ma maison ,
Pour entier me livrer à ce plaisir frivole .
Seul , dans cet univers , se munir de papier ;
Avec discernement , bien choisir une plume ,
Choisir avec amour un certain encrier ,
Pour épancher son soi , en vers que l’on pétune .
Branleur mondain
Entre deux ballons de rouge !
Hérésie
D’être vanné, parfois, des bêtises du monde ;
N’est en rien sinécure et de ce désarroi ;
Naît sentiment confus qu’il faut que l’on émonde
Pour des clameurs publiques éviter le charroi.
Etriqué, engoncé, par ces mines pérennes ;
Que sont l’hégémonie d’un vulgum trop pecus ;
Brassant la moindre idée sans qu’il la bien comprenne
Affirmant péremptoire, soutenant mordicus ;
Que la vie ne serait qu’exercice pratique
Permettant d’aborder, plus tard, en souverains ;
D’autre lieux où seraient, exemptés de tactique,
Leurs ersatz de culture par trop contemporains ;
M’amène, incontinent, un rictus à la bouche,
A vouloir disserter avec ces bateleurs.
Mais qu’ils soient en sedia, en kippa, en babouches,
En zélés philanthropes ils ne sont qu’haut-parleurs.
Car tous, en se targuant de faits bien millénaires
Alors qu’ils mettent en doute leur propre quotidien ;
Exultent, en ânonnant de leurs antiphonaires
Des laudes, des louanges, en rythmes circadiens.
Et moi, de n’être pas de leurs réjouissances
Me fait montrer du doigt par ces buissons ardents.
Il faut faire comme eux, sans désobéissance !
Ailleurs point de salut ! Malheur aux dissidents !
Anxieux je les questionne. « Où vais-je aller ensuite
La camarde ayant fait, habile entregent ;
Que je sois du troupeau bêlant à la poursuite
D’un juge et pasteur qui serait indulgent ? »
- Vous aviez cru choisir en liberté première
Que penser différent vous ferait bon aloi.
Aucun de nos moutons ne saute la barrière !
Nos pâtres et leurs chiens sont garants de la Loi !
- Mon âme s’en ira alors dans les étoiles
De Saint-Exupéry paître avec son mouton.
Le petit prince ému en fera une toile,
Entre Lion et Balance, bien curieux singleton. »
13/11/2002
Branleur mondain

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Mise à jour : le 28 décembre 2004