Auteur : ~Didier Méral~
Poésies animées
L'airial d'Aire sur l'Adour
L'airial vert et doux d' Aire sur l' Adour ,
Emeraude enchassée dans la vaste pinède
Rutile de lupins, clochettes troubadours
Les brebis bêlent loin, au timbre de ces aèdes...
L’œil happé par la rondeur orangée de l’ œillet
Un oisillon inquiet, s’agite, se déhanche
La hampe d’un bleuet tait son petit nid douillet
D’où s’échappe, fusant, un souffle d’aile blanche
Un frisson d’air qui ne court que pour vous plaire
Emplit le cœur léger d’une mousse d’émois.
L’âme de la lande, mauve, calme et claire,
S’éploie sur les ocelles du lent papillon…
Et chante en mon cœur la douceur de ce bois,
Le souvenir en moi a creusé son sillon.
Didier Meral
Allitérations aquatiques...
Sur l’onde calme et lisse dansent les libellules
Et leur ballet léger , élégant et gracile
Rythme le vent qui glisse sur les bulles…
Fluidité des petites pattes habiles
Fils de lumière lus comme une élégie
A la lune qui luit dans son lointain hâlo
L’air allie les effluves lentes des ancolies
Au lilas blanc qui brille au bord de l’eau
Soudain la brise lève , et le caprice du vent
Qui souffle en risées , balaie ces ballerines
Fragiles ,et les fines aiguilles d’argent
Se fondent dans les lueurs purpurines
L’étang se ride , la nuit calme répond en écho…
didier "le corsaire masqué de l'étang du bois joilland"
Dernière édition par didier meral le 27 Juil 2004 21:10; édité 4 fois
à Gi et Quire
L'opus des poulpes poilus , papotant , empilés,
Leurs longs tentacules tentant d'étendre
L'affront des frondes effrontées au front figé
Du vaste océan , afin qu'on put entendre
Une douce mélodie , vive et hardie
Qui de la vie le mélo dit , comme du Vivaldi
Banale analogie analement logée
Suppositoire de suppôt dérisoire
Des vains mots , les émaux syllogés
Support des maux du vin, les mailles de l'illusoire
et bien je vais marcher un peu et si la corne m'use
j'irai muser un peu au son des bagadous...
didier
La cité des corsaires
A Jean Marc Landzberg,
La mer chante parfois que de fiers équipages
Allaient traquer l'anglois et même l'hispanique
Par dela l'océan sur de lointains rivages
Plus loin que l'orénoque , que les deux amériques
Ces hommes loyaux et droits défendaient la couronne
La Perouze , Robert Surcouf, Dugay Trouin,
Les grands corsaires allèrent jusqu'à Vérone
Hisser la fleur de lys au faîte des brigantins
Parfois leurs nefs croisaient le noir pavillon
Des infames pirates , ces charognards amers
Qui toutes voiles dehors poussés par l'aiguillon
De l'or , semblaient mandés par les dieux des enfers
Même si les pierres gémirent sous l'éclat meurtrier
La grande cité altière jamais ne fut soumise
Les grosses bouches à feu , les arbaletiers
N'en vinrent point à bout , et elle ne fut pas prise
Parfois le vent du sud semble porter nouvelle
De nefs irisées , d'hommes partis au loin
Qui ne revirent jamais la fière citadelle
Et dorment sous les flots bleus, loin du port malouin
Les vagues chargées d'écume lèchent la ville calme,
Depuis longtemps déjà les canons se sont tût
Nulle ombre menaçante n'afflige la belle dame
Le clapotis des ondes berce ses disparus
L'antique forteresse semble arrêter le temps
La gloire des marins, portée par les étoiles
Illumine les nuits , montant au firmament
Le halo de la lune danse tel un long voile
L'âme des grands corsaires veille sur Saint Malo
17 juillet 2004
Dernière édition par didier meral le 19 Juil 2004 2:12; édité 3 fois
L'aube des amants...
Ton rire fluide et clair, limpide et cristallin
A l’éclat délicat des corolles liquides
Par la rosée nacrées d’un reflet opalin,
Ô velours de ta voix, envoûtante et languide !
A cette heure tranquille où le calme s’échoue
Un bruit d’aile en la nuit rend plus céleste encore
Le reflet de la lune en ta prunelle floue,
Moire d’onde profonde embellie d’un accore
Le galbe de ton corps balance au vent léger,
Il ondule et rosit, s’élance tel un lys,
Ton flanc à la senteur de la fleur d’oranger
Embrase mes baisers en ce puits de délices.
L’arpège de tes doigts compose mes soupirs,
Epouse les détours et secrets de ma peau…
Ô l’infini frisson quand fusent les plaisirs !
Murmure de l’amour où tout nous semble beau…
Qu’il est doux, qu’il est doux, de vivre auprès de toi,
Tigresse aux yeux gris vert grondant l’apaisement !
Ô, bleu d’ombres sucrées où la nacre chatoie,
Instant où les amants râlent au firmament !
Didier Méral
saint malo , la suite 1693...
une seule fois la grande cité fut en péril :
1693 la machine infernale
Mille six cent quatre vint treize , cet an de grâce
Rappelle aux fiers malouins qu’un jour la belle ville
Faillit être engloutie par la grâve menace
Que les brittons brandirent sur la cité tranquille…
Lassés par les captures des navires corsaires ,
Les anglois conçurent quelque abomination,
Un bateau qu’on eût cru de Satan l’emissaire
Fut expédié par la perfide Albion
Chargé de poudre , de poix , de soufre , la nef de mort
Portait en son horrible sein des toiles goudronnées
Des pistolets chargés , des boites de Pandore,
Et l’on mena tout près le gallion damné
Neptune courroucé ordonna à Eole
Que les vents soufflent à l’encontre de ces noirs desseins
Qu’à la faveur du soir , cette course folle
Fut déviée vers un roc , brisant le monstre marin.
Le navire explosa loin de la poudrière
Et il y eut alors une boule de feu
Qui vomit sur la ville un déluge de fer
Soufflant les toits, les vitres, à la ronde sur deux lieues
Le granit trembla jusqu’au cœur des remparts
Mais il n’y eut tout autour du rocher d’Aaron
Nulle victime dans les décombres épars
Et trône encor l’inexpugnable bastion
Au matin la marine du grand roi soleil
Bouta gaiement les anglais loin du fort breton
L’immense citadelle sortie de son sommeil
Fit tonner longuement ses bordées de canons !
didier
pour les amateurs :
http://www.france-pittoresque.com/lieux/7b.htm
Nostalgie
Ah nostalgie, amie du mal de vivre,
Tu lacères nos âmes de tes serres griffues
Et nos cœurs blessés, ces bateaux un peu ivres,
Perdus sur l’océan des espoirs déchus.
La tristesse s’empare de nos regards éteints,
Nul rempart ne protège de ses assauts amers
Plus rien n’allége le fardeau qui nous ceint,
O noirceur abyssale de cette vaste mer …
Immergés dans la nuit des profondeurs mornes
Nous égrainons les heures sous le joug de l’ennui
La langueur nous étreint, et cette salicorne,
Fleur des marais qui n’éclot qu’à la nuit
Distille son poison lentement dans nos veines.
Nul sourire n'adoucit notre souffrance
Aucun amour n'amoindrit notre peine
En nous s'étiole l'étoile de l'espérance…
Parfois , levant les yeux on voit dans un nuage
Un grand halo blafard qui sitôt disparait ,
Les contours un peu flous des chers visages
De ceux que l’on aima et qu’on n’oublie jamais
didier
Dernière édition par didier meral le
29 Juil 2004 12:54; édité 7 fois
Rêverie d'étéLes naïades nues nageaient au gré de l'onde
L'arabesque de leurs seins effleurant à peine
La surface de ces eaux où le désir gronde,
La rive s'ocrait de reflets terre de sienne...
J'étais moîte . Le lent ballet des nymphes,
Avançant à peine dans la douceur de l'été
Troublait mes sens, et de mon sang la lymphe
Bouillonnante atteignit la chaleur du léthée....
Je m’éveillai soudain et de ma rêverie
Il ne resta plus que la douce caresse
De la soie froissée des draps nacrés de mon lit,
Onctueuse , et qui , avec délicatesse ,
Sur ma peau dessinait des ombres délicieuses…
Didier
Dernière édition par
didier meral le 26 Juil 2004 13:26; édité 5 fois
Voilier...
À mon épouse , Marie Hélène.
C’est aujourd’hui le 15 ème anniversaire de notre mariage , à l’église.
Puissent ces quelques rimes dire mieux que moi quel bonheur
c’est de naviguer à ses côtés sur l’océan de la vie…
Voilier, éclat d’émail serti dans de l’azur,
Scintille, brille au loin et marie l’horizon
Avec la lumière, et ton galbe pur
Murmure de l’écume la blanche oraison
Les spi et foc tendus jusqu’à n’en plus pouvoir
Forcent la gîte, et l’âpre lutte du vent
Arrondit l’océan, ce divin ostensoir
Qui berce en son sein ton sillage d’argent
Tu glisses, vif, sur les ombres abyssales
Fais fi des ouragans rendant ta voile terne
Et tu te joues des gris, ces sombres habits sales
Dont la mer se pare quand elle se met en berne
Libre comme le goéland sans entrave
Voilier, bref baiser entre ciel et mer
Mordant comme la vague qui étreint l’étrave
Tu planes doucement sur la brise altière…
29 juillet 2004
didier
Dernière édition par Didier Meral le 29 Juil. 2004 19:31;
édité 2 fois
Terre Neuvas
Goélette qu’espère femme de marin,
Aux yeux de brume, aux pieds d’écume,
Sous un rayon de lune qui l’emplit de chagrin
Au lointain du flot bleu, conte son amertume
Le morne cantique qu’entonne la mer,
Au ciel d’automne dit le fatum du pêcheur,
Fait de drisses et d’abysses, de roches et d’amers,
Et brille dans son oeil des brisants la blancheur
Maelstroms, ouragans, cyclones pour aiguades
En de noirs tourbillons entraînent terre-neuvas,
Dans le génois, mugit le vent, triste bagad,
Pour avoir au grand banc troqué son galetas
Brumes, embruns, écumes et vagues brunes
Burinent son visage aux fines rides d'airain
Polies par le sable d’or des lagunes
Ou râpées, creusées, par l’âpreté des grains
Des ombres graciles dansent sur des Doris,
L’astre sélène ceint d’une étrange pâleur
Les petites nèpes mais la nuit complice
Charrie le reflet lisse de l’homme au labeur
Les lourdes rames courbent et forcent le flot,
Qui reflue et revient puis recule encor,
Et la lame renâcle devant l’affront du Ho !
Poussé par les marins en inspirant l’effort
Les longues lignes de fond arrachent le trésor
Que la mer, jalouse, jusque dans ses entrailles,
Défend farouchement en menaçant de mort
Ce breton audacieux qui lui livre bataille !
Reverras tu le port, ô ami courageux ?
Une marée d’avril t’emporta vers le large,
Bravant un avenir parfois si nuageux
Que nos regards perdus ballottent tels une barge
Vers l’horizon cambré qui étarque les cieux
Didier Méral

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Mise à jour : le 17 mars 2005