Auteur : ~Bernard Pichardie~







Poésies animées

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Je tangue Sur Planète Québec




LES MOTS EN POINTILLÉS 



Le temps se suspend
Aux crochets de l’amour

Le vent vient de tomber
Sur ton corps assoupi

Le soleil se fait tendre
Et ma main se rapproche

Ton corps se ranime 
D’une tendresse rebelle

Les persiennes de tes cils 
Doucement me font signe 

Le temps se suspend
Aux crochets de l’amour



II

Nos vies sont opalines 
Loin du marbre de la cité

Et voici l’ombre mouvante
De la déraison
Qui s’installe 
Devant nos murmures

Ton souffle joue sur ma peau
Un zeste de survie
Pour calmer
Mon errance 

Nos doigts s’enchevêtrent
Près du tam-tam intime
De nos cœurs 
Enlacés 

Nos vies sont opalines 
Loin du marbre de la cité



III

Des couleurs
Et du souffre

Comme la beauté d’un cheval au galop 
Sur le grain de ta peau
Comme la beauté de l’enfer 
Dans tes pupilles dorées
Comme la beauté de l’asphodèle 
Sur tes lèvres offertes

Des couleurs 
Et du souffre
Le long de nos corps qui frissonnent 

La passion suit son cours
Dans le tumulte de nos sangs 

Et nos sangs ne font qu’un tour

Notre union 
Des couleurs 
Et du souffre
Notre union

Rien d’autre n’a d’importance
Rien d’autre que nous



IV

Mon regard se noie
Dans le tien

Nos luttes sont des combats de douceur

Nos chaînes se décroisent 

Quand nos yeux se caressent
Tout se reconstruit 
Le baume de la connivence 
Nous délivre des peurs 

Nos visages se mirent dans l’étang du bonheur

Et nos traces sur le chemin des envies 
Laissent un sillon de tendresse 

Mon regard se noie
Dans le tien

Nous sommes …



V

Juste un coin de lumière
Dessiné
Dans ton regard pastel 

Une symphonie de douceur 
Qui s’échappe
De ton rire-cavalcade 

Tes lèvres qui palpitent
Et me disent 
Je ne peux pas t’oublier 

Mais tu t’éloignes
Et je m’accroche 
À ton souvenir
À mes souvenivres désaccordés 

C’était demain
Le temps m’est incertain

Il me reste de toi 
Des mots insensés
Balancés sur des airs
Près du désert de ton absence 

Le sable s’écoule … 
Le sablier ne se retourne plus 

à Marie-Véronique H.


DÉSAMOUR 

I

ON PREND

Tu prends l’armoire
Je prends le lit
Tu prends le jour
Je prends la nuit

C’est sans espoir
Qu’on prend chacun
Son fond d’amour
Pour le lointain

On n’a plus rien à faire ensemble
Même l’amitié s’est fait la malle
Plus jamais nos corps ne s’emballent
Plus jamais nos deux cœurs ne tremblent

Vers un ailleurs
Tu prends la fuite
Tu prends le temps
D’aller bien vite

C’est dans la peur
Qu’on prend la porte
La clé des champs
Sans une escorte

Tu prends la table
Je prends le chat
Tu prends le haut
Je prends le bas

C’est comme du sable
Qu’on prend en main
Sur le rideau
Y a le mot fin

On n’a plus rien à faire nous deux
Même le passé est dépassé
Pour toujours nos corps sont fermés
Pour toujours nos deux cœurs sont creux

Vers un amant
Tu prends le train
Pour l’aventure
Pour deux fois rien

Tous nos serments
Sont dans la tombe
Sous mes brûlures
C’est l’hécatombe



II

OUBLIS

J’ai des sous
J’ai des sous
J’ai des soucis

Moi je t’aime
Moi je t’aime
Moi je t’ai mis
Dans mes oublis

J’ai pas un centime
De regret
Depuis que je décime
Le passé

J’étais sous
J’étais sous
J’étais soumis

Tu m’as pris
Tu m’as pris
Tu m’as privé
De tes attraits

Tu as plein d’euros
De tendresse
Pour un gigolo
Tu me laisses

Car tu l’aimes
Car tu l’aimes
Et lui en rit
Henri

Car il aime
Car il aime
Ton porte-monnaie
Rempli de billets

Oui mais voilà
C’est pas fini
Voici la suite
T’as pris la fuite

J’ai pas un kopeck
De souhait
Depuis que sur un bec
T’es tombée

J’ai des sous
J’ai des sous
J’ai dessaoulé

Y a des verres
Y a des verres
Des vérités
À étaler

J’ai des sous
J’ai des sous
J’ai dessaoulé

Moi je t’aime
Moi je t’aime
Moi je t’ai mis
Dans mes oublis

J’ai pas un centime
De regret
Depuis que je décime
Le passé

Pour toi je n’ai plus
Un centime
Pour toi je n’ai plus
Un centime

Plus un centime…
De sentiment



III

UN PEU PLUS, UN PEU MOINS

Tu sais que je t’aime
Mais y a un problème
Tu ne m’aimes pas
Aussi fort que moi

On se dit toujours
Quelques mots d’amour
Mais nos tête-à-tête
Ont perdu la fête

C’est une évidence
Pas d’équivalence
Dans nos sentiments
Depuis bien longtemps

Je t’aime
Un peu plus
Et toi
Un peu moins
Doucement j’accompagne
Tes derniers feux

Je sais que tu m’aimes
Mais y a un problème
Je t’aime ma foi
Beaucoup plus que toi

Dans le souvenir
De tous nos désirs
Notre histoire en fuite
Se fait toute petite

Quand nos mains se frôlent
Si mon corps s’affole
Tu ne ressens plus
Cet amour en crue

Je t’aime
Un peu plus
Et toi
Un peu moins
Lentement tu t’éloignes
Sans un aveu

Tu sais que je t’aime
Mais y a un problème
Tu ne m’aimes pas
Aussi bien que moi

Tu sais que je t’aime
Mais y a un problème
Je suis décousu…
Tu ne m’aimes plus



IV

QUAND J’AI SU

Quand j’ai su que mon amour
C’était du roc
J’ai eu des émotions
Ça faisait ploc

J’ai eu le trac
Pour l’aborder
Sous l’abat-jour
Sur l’oreiller

Ah quel micmac
Faut avouer
Que l’adoration
C’est dépassé

Devant son sac
Je suis resté
Un peu patraque
Et bouche bée

Quand j’ai su oui quand j’ai su
J’ai sué à grosses gouttes
Quand j’ai su oui quand j’ai su
J’ai bien sûr quitté la route

Quand j’ai su que ton amour
C’était du toc
J’ai eu comme qui dirait
Un sacré choc

J’ai eu un pic
De pollution
Aux alentours
De ma passion

Et puis des tics
Des éruptions
Le cœur cassé
En perdition

Et ça me pique
Dans la région
Un peu critique
De mes lésions

Quand j’ai su oui quand j’ai su
J’ai sué à grosses gouttes
Quand j’ai su oui quand j’ai su
J’ai bien sûr repris la route



V

SÉPARATION

J’avais des rêves de Brésil
Mais tu es partie
Vers un autre exil
De ta galaxie

Il faut que je voyage loin de nos corps à corps
Que je prenne mes bagages pour éviter le stress
Si je maintiens le cap si mon cœur sémaphore
Quand retentit le clap je joue pour de nouvelles 
Tendresses

Je poursuis mon chemin et mes sentiers de notes
Ce parcours de refrains de chansons d’étincelles
Où je veux que nous deux nous restions côte à côte
Pour ce rivage heureux où l’amitié sans cesse
T’appelle

Tu avais des rêves de Brésil
Mais je suis parti
Vers un autre asile 
Pour d’autres envies 

Nos destins se décroisent à l’orée de nos corps
Pour ce grand bleu turquoise de notre transhumance 
Nous aurons le regard posé sur nos accords
Vers un coin de mémoire où ce feu qui nous hante 
S’élance 

Nous avions rêvé d’une île 
Nous étions partis 
Voguant sur le fil
De quelques envies 

Nous avions rêvé 
Mais rien n’est fini 
Rien ne disparaît 
Tout se reconstruit


PEAU AIMES 

I

Pourquoi es-tu fragile 
Comme du verre

Pourquoi n’es-tu pas transparente
Comme le verre

Ce soir je trinque avec toi 

-------------------------------

Si le temps est maussade
Je te rêve en pastel 

Si l’orage s’annonce
Je te rêve en soleil

J’éclabousse ton nuage
De rêves sucrés

-------------------------------

Si tu as du sable
Sous tes pieds

Et l’odeur des embruns
Dans ta tête

Je me ferai dune
Pour rester à tes côtés



II

Tu me griffes
Me lacères 

Et tes serres
M’enserrent 

Tu ronronnes
Tu t’abandonnes

Et m’abandonnes 

-------------------------------

Sur le papier
Pour te remplumer

L’amour a donné
Des ailes à ma plume

Et mon cœur a déposé

Ses deux oreillettes
Sur ton oreiller

-------------------------------

Il n’y a pas de cigale 
Chez toi 

Mes mots stridulent
À tes côtés



III

Ce matin
Tu étais toute douce

Papier de soie

J’écris des vers
Dans mon cocon

Son fil t’enroule 

-------------------------------

J’aime plonger 
Dans tes yeux

Tu fais la planche
À mes côtés 

Tu coules
Je te réanime 

-------------------------------

La violence de tes désirs
Égratigne ma peau
De mille cicatrices 

Le bonheur se soigne

Il ne se guérit pas



IV

J’ai passé mes doigts
Sur le grain de ta peau

Depuis j’ai un grain
Au fond de mon cerveau

Une douce déraison 
Une tendre folie

-------------------------------

Tu m’as laissé
Entre la vie
Et l’amour

J’ai trouvé
Que ta vie

Valait le détour

-------------------------------

Une bulle

Toi dedans

Une bulle 

Moi dedans

Vite 
Une épingle



V

Odeur d’écume
Une houle sur ton ventre

Je te respire
Je m’enivre de ta douceur

À ton large
Je reste en souffrance

Des récifs me déchirent

J’irai vers ton île
Mon espoir

-------------------------------

Tu m’envahis
Comme une vigne folle

Tu me séduis
Voici mon cœur qui s’affole

-------------------------------

Cette porte que tu as poussée
Sur mon décor

Et ce décor enseveli 
Sous tes empreintes

L’air que tu as respiré
S’est échappé

J’ai du mal à respirer

( quelques « souvenivres » 
extraits du recueil « Peau Aimes » 
à M.-V. H. 
automne 1999 )


J’ÉCRIS

I

J’ÉCRIS

J’écris
Mes souvenirs d’asphalte 
Rangés 
Serrés
Mes rubans de colères 
Mes rêves en éventail 

J’écris 
Mes amours sans partage
Mes soleils radieux 
Et ces chimères qui s’évadent 
Oxydés par le temps 

J’écris 
Mes rafales incertaines 
Au cœur du brasier
Au feu de mes envies 
De mes partages 
De mes ratures

J’écris 
Sans penser à demain
Quand l’espoir se teinte de gris
Avec la peur
Et le vide 

J’écris
Ces pensées dérisoires 
Qui malmènent ta vie
Qui s’accrochent à ton regard 
À tes fadaises 
À tes vérités sans fard 
S’échouant sur mon rivage

J’écris
Pour ta bouche qui m’inspire
Pour ton sexe que j’envahis 
Pour ton cœur qui me frôle 
Et ton corps tagué de mes désirs 

J’écris 
Entre les lignes
À perte de vie
Dans le silence de mes mots
La passion en bannière
La folie déguisant mon décor 

J’écris
Tous ces instants fragiles 
Ces poussières éphémères 
Mes restes d’ivresse
Et ces jours de fièvre 
De douleurs enivrantes 

J’écris
Pour passer le flambeau
La lave qui jaillit
En multiples clins d’œil 
Mes utopies 
Mes thérapies 

J’écris 
Sans me lasser 
Sans faiblir 
À l’orée de mes peurs 
De mes croyances 
De ma conscience 

J’écris 
Pour prouver que j’existe 
Pour laisser mes rêveries
Mes oublis 
Mes passions 
Dont les fruits rafraîchissent

J’écris 
Pour vaincre la peur
Pour sauver tes violences
Avec ardeur
Avec émotion

J’écris
Pour me mettre nu
Devant vos silences



II

INSPIRATION ?...!...

J’étais sur un banc
À la main un Montblanc
Je cherchais un poème
Pour celle que j’aime

J’ai vu un oiseau
Là haut dans le ciel
Mon Dieu qu’il était beau
En battant des ailes

Je sentis venir en moi
Une subite inspiration
Mon coeur était en émoi
J’avais des frissons

Je suivais des yeux
Le joli volatile
Dans son vol gracieux
Aérien et subtil

Mais soudainement
Il m’a chié dessus
Éclaboussant dégradant
Un bon morceau de tissus

Je poussais des cris
Oh là oh là oh là !!!
Si bien qu’avec lui
Ma muse s’envola



III

JE T’ÉCRIS DES CHANSONS 

Dans le frais du soir
Où je m’installe
J’ai ma plume qui frissonne
Et mon cerveau bourdonne
Plusieurs idées se lèvent

Voici que je pose
Sur le papier
Quelques morceaux de ta vie
Tes aveux tes envies
Tes dérives et tes rêves
------------------
Le temps de jeter l’encre
Et d’immobiliser
Tous ces instants fragiles
À te confidencer 

Et puis notre amitié
Qui lentement s’installe
Faut pas tout dévoiler
Juste lever un voile

Je suis tendre ou féline
Changé en signe d’eau
Mes pensées t’imaginent
Je joue avec les mots

Mais je sens tout à coup
Un étrange malaise
Ça ne tient pas debout
L’image est trop mauvaise

Alors je recommence
Ou remets à plus tard
J’ai la tête qui me lance
J’ai un peu le cafard

Je fais un gros effort
J’ai besoin d’une pause
Je m’éloigne de ton bord
J’évite l’overdose

Dans le bruit de la foule
De ce métro bondé
Un petit refrain s’enroule
Je m’en vais replonger

J’arrive à la maison
Et je me précipite
Je donne à la chanson
Une jolie pépite

Bientôt quelques musiques
Pour clôturer le tout
Donneront la réplique
Aux vers mis bout à bout

Quand sous les projecteurs
Il faudra que tu planches
Moi le petit auteur
Faudra pas que je flanche

Dans la lumière blafarde
D’une répétition
Nous deux on se regarde
Avec nos émotions

Tiens ce mot ne va pas
Y a encor du travail
Et j’irai de ce pas
Chercher une trouvaille
------------------
Dans le frais du soir
Où je m’installe
J’ai ma plume qui frissonne
Et mon cerveau bourdonne
Plusieurs idées se lèvent

Voici que je pose
Sur le papier
Quelques morceaux de ta vie
Tes aveux tes envies
Tes dérives et tes rêves



IV

JOUER AVEC LES MOTS

Jouer avec les mots
Des mots toujours à vif
Jouer avec l’émoi
Parler avec les moi
Qui sont en vous

Jouer avec les mots
Ou avec l’émotif
Tiré par les cheveux
Ce sont de beaux aveux
Je vous l’avoue

Jouer avec les mots
Pour émailler vos dires
Tricoter des bons mots
Doux comme l’édredon
Sur votre cou

Jouer avec les mots
Parfois dans un soupir
Avouez qu’ils sont beaux
Avouez qu’ils sont bons
Mais un peu fous

Jouer avec les mots
Qui sont parfois faciles
Jouer tout en amont
Par les monts et par vaux
Loin de chez vous

Jouer avec les mots
Qui sont souvent si vils
Crachés par des démons
Récités par des veaux
Ou des filous

Jouer avec les mots
Des mots qui vous fascinent
Quand ceux-ci vous échoient
Qu’ils sont de premier choix
Qu’ils sont pour vous

Jouer avec les mots
Que je broie et cuisine
Je fais ce que je peux
Et parfois je peux peu
Je vous l’avoue



V

TRACES

J’écris pour vous
Mes filles

Je vous laisse des traces

Des bulles légères
Comme des éphémères
Qui volettent tout là haut
À l’orée de mon cerveau

Quelques désirs utopiques
Mes gaietés et mes chagrins
Célébrés par des musiques
Parsemant notre chemin

J’écris pour vous
Mes filles

Je vous laisse des traces

Mes bouts de passion
Sur des illusions
Des souvenirs qui se froissent
Tout le long de mes angoisses

Quelques paroles d’amour
Des anxiétés cérébrales
Les trop-pleins de mes discours
Et tous ces mots en cavale

J’écris pour vous
Mes filles

Je vous laisse des traces

Des élans fragiles
Des jeux de mots faciles
Qui se promènent tout en bas
Et s’accrochent à votre pas

Quelques souhaits dérisoires
Transportés au gré des vents
Vers le début d’une histoire
Surgie d’un soleil couchant

J’écris pour vous
Mes filles

Je vous laisse des traces

Un peu de bonheur
Au creux de mon cœur
De ces chagrins qui me rongent
En lisière de mes songes

Quelques frissons dans le corps
À la chaleur de ma plume
Soulevant de mon décor
La clarté ou bien la brume

J’écris pour vous
Mes filles

Je vous laisse des traces

À Mathilde et Solène

Bernard Pichardie




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Mise à jour : le 4 mars 2006