Auteur : ~Marc Blayot~
Poésies animées
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À venir
« Mes vers collent aux vagues vives d'où naît la fleur rimée de l’émoi »
.
Marégraphe
Graveur viticole typiquement Rétais fonctionnant à la fleur de sel et servant à mesurer, grâce aux flots bacchusiens de Muscadet sur Lie, les libations alcoolisées quand l’amplitude des traversées de cycles est importante lors des vastes courants migratoires pendant les mois de Juillet et d’Août.
Départ pour le bagne
Zorg a été emprisonné pour des idées,
Simplement pour avoir clamer la vérité
Ses geôliers avenants le décorent de fers.
Les navires de la Royale chassent ses airs de terre.
A St Martin de Ré on s’en va pour Cayenne,
Les forçats quittent la belle citadelle pleine de haine.
Le village médiéval disparaît sous les ondes.
Ainsi s’exerce la justice des hommes
Moi, le Coq en herbe…
Je dédie ce petit poème à tous mes poussins amoureux de la rime, ils m’ont aidé à croire qu’il existe quelque part dans l’univers une planète se nommant Amour !
Mes rimes coulent pour toi à la fontaine musicale des mots.
1 - Le bagne aux fleurs de sel
La fièvre du culte miroite… Ses cristaux se façonnent,
Les sens de quiétude en s'assoupissant résonnent,
Les pinceaux de Phébus caressent notre écorce prude,
Le remblai sablonneux harcèle nos habitudes.
Le phare de la baleine s’illumine sans vergogne,
Le doryphore désœuvré se bronze sans besogne.
Prête l'oreille à la rengaine plaintive des palombes,
Le jais se souvient du sang chouan sur les tombes.
Les condamnés au bagne accommodent leur exil,
La Martinière les conduira sur une autre île.
Les ombres de Papillon butinent à Saint Martin,
La ville des forçats se souvient de ses marins.
Fort Boyard blessé par les flots guide nos pensées.
Les roses trémières se substituent aux champs d’œillets.
Le bipède à pignons débusque les fourbes méduses,
Cette exécution en cycle m’étonne et m’amuse.
Leur liberté éclate aux tours de leurs pédales,
Leur joie se joint à l’effort intense dans un râle.
L’eau submerge nos pulsions… La source triste se tarit.
L’océan nous aveugle… Nos mots supplient l’oubli.
Les pensionnaires aux crânes toilettés cachent leur peur,
La rigidité d’un bonnet coiffe leur malheur.
Les fantômes de Dreyfus restent gravés dans la pierre.
Ces hommes rejoindront la Guyane en cage de fer.
Les ailes fragiles des moulins nous récitent en vers,
Leurs litanies au vent chantent nos imaginaires.
Les pavés usés des ruelles supportent nos pas,
Nos esprits restent douceurs face à ces fins appâts.
Le spectre de Seznec s'empare de la citadelle,
Les siècles conservent les empreintes du forçat rebelle.
Le sel vient raviver des plaies intolérables,
Les rives abondent des résidus de l’impossible.
Sur ton rivage sauvage… La vague des pleurs s’étend,
Les larmes s’unissent à la timidité du sang.
Les marais nous inondent… Ils nous submergent encore,
Comme l’eau des séductions… L’allégresse s’évapore.
Marc : Ré clame Juin 2003
La mort n'est rien, alors pourquoi la craindre ! Quand on y pense on est encore vivant et quand elle vient on est plus là, l’agonie c’est seulement une manière polie de passer définitivement dans la salle d'à côté.
2 - Le Veuf à la coque
L’époux pensif revêt l’écorce de son bateau,
Le marin décroche les algues ocres et les coraux.
La peinture brûlée disparaît sous la spatule,
Ce navigateur songeur reste envie de lune.
L’homme brûle sous les rets de Phébus en trois minutes,
L’astre aux mille éclats lui confie une vision brute.
Sa peau durcit son corps sous les cristaux de sel.
Le torse s’usine pour enjôler les jouvencelles.
L’être humain crie famine… Il déguste des oursins,
L’océan hurle l’envie… Il dévore des marins.
La charpente recèle les séductions du passé.
Le veuf fait miroiter les bois de l’amitié.
Il dénombre les pièces détachées à l’imparfait,
Le souvenir soigne son cœur désarticulé.
Du Cognac grand crû remplace la rivière des larmes,
Il l’avale en Saint dans la discrétion des Carmes.
Les douleurs remontent aux origines de la terre,
Rien n’existait avant la naissance de ta chair.
Le pêcheur se souvient des jolis mots du rêve.
Aujourd’hui son psyché condamné fait la trêve.
L’humain troque le pur en émotions d’étincelles,
Ses appréciations le font aimer à tire d’aile.
Les artères de l’âme mènent aux venins mal connus,
Son nombril de diamant te contemple toujours nue.
Le vieux loup de mer rêvasse aux prochains voyages,
Au sein de l’océan… Plus loin que ses carnages.
Le hareng malin lance un saur aux éléments,
Éole lui promet de souffler un mistral violent.
Le pêcheur balbutie les phrases de tes villages,
L’âne guette un son de pas sur les rochers sauvages.
Le Rétais pense à l’éclair de son phare luisant.
Sur le littoral se brisent les vagues du moment.
La mer donne à mes yeux la douceur de mes mains,
La besogne ronge ma conscience, mon dos et mes reins.
Je fredonne l’air du temps… J’utilise ta croissance,
Tes marées restent cadencées au rythme des silences.
Marc : Ré clame Juin 2003
Badigeonnons de tons pastels la crasse du monde, nous pourrons avoir ainsi des lendemains qui chantent.
3 - La drogue aux joyaux
La pomme Parmentière exhibe sa richesse salée,
Le Cognac jaloux coule à flots… Il orchestre l’amitié.
Le tumulte du peuple s’endort dans le pittoresque.
Le vent clame à l’autochtone ses appels dantesques.
Le voilier bucolique ressemble à nos compagnes,
L’oiseau change de tain au soleil de la campagne.
La scène opiacée fleure avec les roses trémières,
La passion de la vie m’y retient prisonnière.
Dans le petit bois de Trousse Chemise naît l’Amour,
L’îlot d’or nous ensorcelle jusqu’au point du jour,
La faim balnéaire s’annonce d’un goût Cocaïne.
Le Pavot voyageur joue aux vacances Morphine.
Le décollage désordonné du Colvert signe,
La Marijuana salée fait fuir l’Héroïne.
Les chimères schizophréniques tuent la dépendance,
Les bêtes napolitaines envahissent l’île en transe.
Le cormoran noir berce la dépouille des mourants,
La mouette virginale sourit aux neiges d’antan,
La pie Cannabis reste soif de lumière dans l’art.
Le corbeau érudit cherche son espiègle renard.
Les souvenirs s’enfoncent dans la terre de ta plaine,
Le touriste bêche les vers pour y boire du Verlaine.
Navigateur éperdu en quête de richesses,
Tu nous éblouis et tes sémaphores se dressent.
L’île romantique confie sa destinée au sable,
Ce havre de douceur met au monde un sol arable.
La vigne vous attend avec les perles de rosée,
Les marais salants flattent l’amplitude des marées.
Comment rejeter ta tentante accoutumance ?
Sur les écorces bronzées… On sent ta dépendance.
On surprend en toi un paradis bien réel,
La paix existe loin d’un Eden artificiel.
Tu resteras Ciel azur des beautés soumises,
Un sol à conquérir aux vertus de franchise.
Tu offriras les attraits nus d’une fille publique,
Ta campagne discrète restera toujours pudique.
Marc : Ré clame Juin 2003
L’homme accourt sur Ré pour se régaler avec un récital en raie mineure pour piano aqueux
4 - Fugue en Ré
La migration vient dès les prémisses de Juillet.
Le touriste se hâle sur son littoral bondé.
L’île vêt sa tenue du soir aux atouts de fête.
La fanfare locale entonne ses rengaines champêtres.
L’artificiel combat contre le surnaturel,
Les migrateurs troublent la scène d’un bruissement d’ailes.
Les mouettes prennent le temps de sentir les marées,
Les baladins entonnent la balade des marais.
La symphonie douce baigne le mélomane heureux,
Ses clefs ouvriront un chant en sol sablonneux.
La Vendée rhétaise nous confie son cœur venté,
Elle se joue dans un concert de tons bigarrés.
La suite mélodieuse s’annonce avec son La tendre,
Les chouans burinés courbent l’échine dans la cendre.
L’Eden se fait mer et rejoint l’or de la plage.
Les rivages sablonneux font la nique aux nuages.
L’ombre de ce Paradis semble aigrelet de rage.
Le littoral s’embellit des perles des nuages.
Une musique retentit sur la voix des silences.
Les cuivres tintinnabulent… Les violons entrent en danse.
Le soir encourage l’ambre d’azur à s’enflammer,
La nuit mauve purifie nos esprits condamnés.
Les amoureux s’enlacent aux soupirs des étoiles,
Les « Si » disparaissent… La planète nous les dévoile.
Je ne veux plus la bougie pour conduire mes pas,
Tes arômes salins me guideront au trépas.
L’âne légendaire veille avec sa queue lumineuse,
Le baudet prévient l’humain de la rive rocheuse.
Les ports bondés vomissent leurs drapeaux chalutiers,
Ils ponctuent les impuretés vierges des voiliers.
La musique d’Éole adoucit les scènes de pêche,
Sur la portée les notes chantent une rengaine revêche.
Le blanc des venelles rappelle la candeur du jour,
Le rituel Rétais donne la force à l’amour.
L'archipel des ténèbres s’habille d’une chasuble d’or,
La province des convoitises soupire et s’endort.
Marc : Ré clame Juin 2003
Il faut se connaître soi-même et posséder le bonheur dans son écorce pour être capable d'enfanter chez l’autre l’étoile de la félicité.
5 - Fleur de sel
Sur l’île, on écroue les amants pour des idées,
Les émotions des étreintes clament leur vérité.
La route devient longue par les chemins de l’espoir.
La tendresse des mots chasse l’épouvantail noir.
Les délaissés de l’amour vivent les armes aux yeux,
Les larmes à l’épaule, ils maudissent les cieux.
Les papillons rieurs ne butinent plus la rose,
La fleurette demeure le symbole simple d’une osmose.
Les roses trémières volubiles conversent avec moi,
Les bourgeons rouges me confient leurs pétales de soie.
Leurs confidences interprètent les non-dits des fleurs…
C’est un laisser passer au jardin du bonheur.
La mémoire de la fleur se souvient de tendresses,
Sa ferveur pure m’annonce des lendemains en liesse.
Les frêles étamines de la passion vraie bourgeonnent,
Les quatrains authentiques de l’amitié résonnent.
La boutade câline fusionne avec l’alizé,
Les amures d’estime scellent une profonde amitié.
La complainte du myocarde fraye avec Eole,
Son haleine tiède habille joliment les corolles.
Existe-t-il un ciel agrémenté de roses ?
Un jardin du cœur fuyant l’avenir morose.
Les perles de rosée les troquent en larmes de pluie,
Elles érigent des songes vers de nouveaux paradis.
Les tendres épris n’iront plus s’aimer à Cayenne,
Ils partiront de la citadelle pleine de haine.
L’arc en ciel d'estime illumine le ciel de Ré,
Les déshérités du cœur seront amputés.
Le phare de la baleine dirige les pauvres amants,
Le bois de Trousse chemise leur donne un nouveau sang.
Dans la grotte des secrets, je veux être la majesté,
La fleur de sel essuie les foudres d’un ange blessé.
La fine saveur ardente des câlins nous enivre,
La brûlure suprême des écorces nous fait survivre.
L’océan se retire… La tendresse demeure.
Le vertige du sentiment chavire et se meurt.
Marc : Ré clame - 16/6/2004
Je meurs si je perds mes émotions sur l’île, la femme me permet de redécouvrir les équations de la mer pour l’apprécier en l’aimant.
6 - Ma Ré haute
Je regarde la mer : « Grands yeux, petite bouche, cœur gros ».
La beauté des mouvances reste offerte en cadeau.
L’île insolente s’imprègne des illusions du rêve,
Son caractère sauvage se débat sur la grève.
Ses amies préférées reste la blanchâtre écume…
Un arc-en-ciel panaché au dessus des dunes.
L’île gastronome s’enrichit de greniers à sel.
Cet îlot cuirasse les savoureuses tourterelles.
Les fonds détiennent des cavernes ornées de coraux.
Des étoiles scintillent sur la voûte bleu-indigo.
L’aura de Ré conduit les émois vers ma grotte.
Puissante, les forces d’initiatives séduisent la côte.
Naïve, la réserve nous fleurit d’inestimable,
Discrète, les amateurs guettent les races observables.
On donne du pain aux oiseaux dans l’arbres séculaire.
Fleur bleue, elle entretient une chaude atmosphère,
.
Arrogante, même l’or blanc fertilise les sauniers,
Les écluses à poissons concourent à étonner.
Sensuelle… Son feu bronze lascivement les corps.
Cruelle… Les fonds maritimes nous kidnappent encore.
Lascive… La thalasso livre ses ricanements.
Elle trépasse des fidèles chrétiens aux protestants.
Elle propose aux regards ton monastère ancien,
Sensible… Elle offre son domaine aux moines cisterciens.
Tendre… La brise marine la caresse avec ses mots.
Fertile… La mer la submerge avec ses rouleaux.
Amante religieuse… Le visiteur l’apprécie.
Sans prétention… Elle nous dissimules ses envies.
Féconde… Tu multiplies la puissance de l’espoir,
Humble… Tu conserves les résonances de ton histoire.
Cordiale… Tu dévoiles au passant ton cœur guidé,
Authentique… Tu montres Saint Martin et son clocher.
Subtile et aussi douce que la mousse harassée !
Attirante… Elle s’habille du feu des roses de Mai.
Fidèle… la mémoire saline nourrit le présent.
On se souviendra de cette île encore longtemps.
Marc : Ré Clame – 16/12/2004
Les galets sont polis à force de se frotter sur la grève, tout comme les hommes meurent usés par la grande histoire de la vie.
7 - Nocturne en Ré
Le destin désire que tu erres sur mon chemin,
Je dégage la route m’amenant vers d’autres lendemains.
J’arrive dans mon havre, les lapines surprises s’affolent.
L’or du soir tombe pour les contempler faire les folles.
Il en faut des écrits pour fermer mes blessures,
L’île recèle des secrets enfouis sous une armure
Les miens deviennent des caresses pour mon cœur,
L’île soigne mon âme meurtrie par une pensée de fleur.
Les rouleaux bercent les natifs épris de l’île d’or.
Le curieux improvisé s'étonne et l’adore.
Le destin de l’île en a vaincu des distances !
Il en a assemblé des rêves vers ma romance.
Les années nous séparent en lumières de soirée.
Les feux du pont me charment tout éclat allumé.
L’île et moi, nous avons tant de similitudes,
L'ange béat nous protège dans sa mansuétude.
L’œil du phare éclaire la courants pour ouvrir l’eau,
Il aide la méduse à retrouver son radeau.
La terre plus placide attend l’érosion des cœurs.
Le marin devance le temps filant sans peur.
L’île abrite le bonheur au creux de mon épaule,
Le souffle de mes mots lui creuse des alvéoles
Elle expulse de ma grotte les nuées de soucis
Elle me câline en cajolant mon souffle de vie.
Marc : Ré Clame – 17/12/2004
Les petites émotions de la beauté engendrent les grandes passions du cœur
8 - Révolution dans mon île
Le soir venu, j’admire les paillettes de la mer,
Ses grains de beauté me donnent un reflet amer.
Je surprends mon île danser en robe de mariée,
Sa traîne bouillonnante parsemée de fleurs de sel.
Les tourbillons du vent s’emmêlent dans la nuit noire.
Ré nourrit les rêves de ceux parlant sans savoir.
La mer démontée la peint d’une couleur d’écume,
Ses longs cheveux épars font la nique à la lune.
Tout se tait aux griffes des roseaux lorsque le soir tombe.
L’envol des mouettes emporte le cri des palombes.
Le volatile prospecte pour retrouver son nid,
Il se trouve dans les algues verdâtres du paradis.
Le voile de l’île brodé de salicorne se dissout,
Je distingue son halo saumâtre dans l’amour fou.
La mer pose en s’endormant ses proies sur la dune,
Des entrailles de l’île apparaît la dame des brumes.
Marc : Ré Clame - 19/12/2004
Le doute ressenti dans sa passion féroce prouve le respect toujours plus fort de son amour dans l’espoir du lendemain.
9 - Désirs insulaires
Je suis l’oiseau blessé volant vers l’archipel,
La mouette sur le rivage me prend sous son aile.
Ma grotte conserve le témoignage des roses trémières,
L’aube déploie sa toilette en les sentant très fières.
Le vent des alizés parle en frôlant ma bouche.
En conversant, il souffle la passion dans les souches.
La nuit paisible soigne les résineux tourmentés.
L’océan noie les incisions du cœur blessé.
Le sang se disperse dans les pleurs du souvenir,
Ce liquide vermeil coule, il m’aide à repartir.
Un goéland vient sur moi s'imbiber de larmes,
La royauté de Saint-Martin dépose ses armes !
Je rêve d’être mer pour déferler sur ton écorce.
Les fées de l’île envahissent ma nuit avec force.
Le roseau dans ma main ploie sous l’étreinte du vent.
Le bouquet d’un bon crû me donne l'enivrement.
Je suis ton feu ardent pour déloger l’hiver.
Les étoiles sensibles des cieux reflètent la lumière.
La marée ouvre les mains jusqu’à la nuit pervenche.
Mon arbre de vie protège ton destin sous mes branches.
L’île donne au vent une âme pour déployer les voiles.
Elle aide les roses Trémières pour s’allier aux étoiles,
Je me love dans tes bras pour faire le tour du monde,
Tu restes l’unique repaire quand mon âme vagabonde.
Marc : Ré Clame – 20/12/2004
Ma timidité destructrice s'accompagne de vers. Ils prennent racine auprès de l’île sauvage. Par rafales le vent les aspire pour mieux ressentir la beauté de Ré.
10 - Complainte en Ré
Le royaume de Ré reste transparent à l’espoir,
L’île allume son aura virginale tous les soirs.
La source des passions envahit les arbres rongés,
La vie s’exprime en lavant les tares du passé.
La rengaine suave d’un piano habille ma nuit,
Le chant s’élève pour se peloter dans le buis.
Sur la grève, cet air s'unit aux pleurs de guitare,
On l’entend de l’orangerie jusqu’au rempart.
L’océan cultive sur moi son terreau anonyme.
Tu pars, mes pleurs sincères donnent la rime.
Les pavés des hameaux crissent acerbes sous ma danse,
La mer en se retirant rompt les amarres de ma chance.
Les festons nocturnes sont les empreintes de la lune,
Ils gisent enlacés dans le giron de la dune,
Ses dards rampent sur ma peau encore ivre de soleil.
La voûte étoilée luit en couvrant mon sommeil.
La parenthèse du mystère se ferme sur l’astre d’or,
Dans ma grotte se blottit le jardin de l’aurore.
Ré pleure, le sol blessé par les lapins qui dansent,
La terre s’ouvre toujours pour enfermer mes silences.
Les murmures sont complices des rouleaux amoureux,
Les musiques bercent un enlacement langoureux.
La mer en offrande me prodigue ses ondes toniques.
Elle se déchaîne aux lueurs du phare ironique.
La pointe de l'aurore embrase de rose l'horizon,
On voit réapparaître la mer et ses moutons,
L’air salin bercera l’ambre de mon corps étendu,
J’attends les yeux plein d'espoir de revoir l’île nue.
Marc : Ré Clame – 20/12/2004
Le sang de la Rose emmitouflée se rappelle la beauté d’un regard, un papillon bleu vient admirer sa gracieuseté quand son odeur se mêle à son cœur.
11 - Ma Ré rose
L’océan fier fait la nique Rétaise aux bateaux,
La marée haute viendra les inonder bientôt.
L’île incarne une fleur parmi des milliers de fleurs.
Cette fleur à peine éclose m’inonde de fines couleurs.
L’immortelle se camoufle en tenue de soirée,
J’adore quand l’aura apaisante la voit poser.
Pour la voir, les frêles palombes effleurent la campagne,
Le chant perçant des goélands les accompagne.
La perle du jardin devient la fille d'un rosier.
Elle croit entre les galets près d'un églantier.
Sa corolle grenat foncé s’enlumine de miel,
La plume d'un angelot l’a envoyée du ciel.
Mes poèmes violent les colonnes de ta discrétion.
Je fais partie des bardes qui te vénéreront,
La mer m’obsède avec sa pirouette des eaux.
J’éternue des verbes en contant la fable des mots.
L’îlot est venté par des millions de sabord,
Les roses Trémières dressent avec cran leurs pétales d’or.
Des larmes de rosée inondent l’étamine du cœur,
La belle coiffe chagrinée, elle se renverse et meurt.
Eole me berce en chantant l’océan en rêve,
L’assonance chaloupe comme tes rouleaux sur la grève.
La fleurette est une rose égarée dans mille fleurs.
L’amour l’a fait naître en lui donnant ses couleurs.
Marc : Ré Clame – 20/12/2004
Sur une fleur de sel, mes vers patinent des rimes pour mieux cueillir tes émois, mes mots restent suspendus à chacun de tes longs silences en favorisant l’attirance des cœurs.
12 – Souvenir de vacances
Le rivage se bat contre les meurtrissures du gel,
Mon écorce tannée résiste aux brûlures du sel.
Les campeurs fatalistes entonnent le chant des toiles,
Le ciel me suit en m’allumant son champ d’étoiles.
Je cohabite avec l'alchimie d'une démence,
Mon corps métisse avec les voies de la décence.
Les muses hantent mon souvenir dans la langue d'Eole,
Concède-moi les roses trémières, fais-moi une obole !
Tes bras de mer m'offrent un berceau pour me blottir,
Aux passions émues du rivage, j'adore m'enfouir.
Les souvenirs puissants façonnent l'histoire des pierres !
Les évènements sombres s'estompent en un éclair.
L’air maritime m’embellit dans les jardins d’or,
La fleur de sel semble un diamant de l’aurore.
Le présent rhétais piétine le passé en liesse,
Le petit train enflamme mes brasiers de tendresse.
Les regrets du départ érodent encore mes nuits,
Quand ton cœur se trouve loin de moi, je me languis.
Ta terre sableuse joue avec la paume de mes mains.
La pensée des plages rongent en me brûlant les reins.
Les poumons se gorgent d’air maritime et succombent,
Mes cris de nostalgie cachent le naufrage des tombes,
La nuit, la parenthèse de tes silences m’attire,
Mes mots profanent ta réputation pour le dire.
Je garde le souvenir d'instants si remarquables.
Ma peau carbonisée adoptera ton sable.
Mes mirettes empourprées caresseront ta plage.
Mon cœur éclopé épousera tes rivages.
La mer, avec toi, me donne ses leçons cruelles,
Ma fracture d’amour appréhende une attelle.
Mes hurlements élogieux s’amalgament au vent,
Mes mémoires empliront le cendrier du temps.
Marc : Ré Clame – 24/12/2004
La colombe aux couleurs de l’amour volera de clocher en clocher jusqu’au beffroi blanc d’Ars-en-Ré, pour transmettre mes émois. Elle vit avec mes souvenirs de braise dans une tour d’ivoire à la nef de cendre, une marée d’émotion lui donne la force de revoir mes erreurs en étant mon messager.
13 - L’Ilot aux venelles
Le raisin blanc roucoule son suc dans le terroir.
Les esprits ternis par le pampre regagnent l’espoir.
La mer place ses proies du regret sur son rivage,
Les bourrasques fatales les repoussent vers les nuages.
Le bouquet faramineux des cépages m’enjôle,
Il me rappelle les vieilles traditions vinicoles.
Sur les rivages de sable, mon âme reste à la vague.
Ma grotte rêve aux oiseaux des mers, ma tête divague.
Un soupir escorte les garennes hors du terrier,
L’île procure un refuge aux faisans apeurées.
L’argent du lit de mousse scintille dans les reflux,
L’haleine d’Éole importune la quiétude des flux.
Souvenez-vous de l’îlot au temps du hochet ?
Aujourd’hui, la grâce Réa absout ses péchés…
L'étoile de lumière exclut le sang bleu d’antan.
L’envol des mouettes emporte leur cri discordant.
Je vis des soirs de rubis dans l’onde d’émeraude
Je sens des perles sur ma peau, l’amour y maraude.
Les flots torturés vont et viennent la désirant.
J’ai le blues aux yeux avec le cœur chancelant.
L’air marin embaume l’amour poussé par la houle,
La terre de Ré se souvient des pieds qui la foulent.
Les chouans gravent dans le sel le monde de demain,
Leurs empreintes, aujourd’hui, les rendent ivres de leurs mains.
Les cailloux roulent et roucoulent sur la grève.
Le vent caresse ma joue au parfum de mes rêves
Ma vie entière tangue au roulis improvisé.
Les fils de la vierge s’enchevêtrent à mon collier.
La moisson des larmes salue le calme des pêcheurs,
Ces laboureurs de la mer luttent contre le malheur.
Les autres énergies restent les élevages marins,
La providence conforte les primeurs et le vin.
De longs frissons d’amour rampent sur moi comme des algues,
Le soleil aime mes plis secrets pour se blottir.
Les conchyliculteurs prospères en bottes s’affairent,
Les coquillages surpris la trouvent un peu amère.
Les lopins de terre restent les seuls complices de l’onde,
L’été bagnard établit l’arrivée des rondes.
Ré s'évade l’été vers une érosion nouvelle…
Son jardin de roses Trémières la rend toujours frêle.
Marc : Ré Clame – 27/12/2004
Constat évident
Les rêveurs ne sont pas des illuminés, ce sont des visionnaires du cœur, ces psychotiques de l’amour se heurtent à un monde d’intérêt, leurs principaux syndromes consistent à éprouver du blues en se souvenant et en ressentant fort les émotions en relation. Nous vivons une époque pratique où seules les dépressions et les psychoses rendent les passions sensibles chez les beaufs de l’amour. Les rêveurs sont des moutons, alors que les autres restent des loups féroces pour l’homme, je suis fier d’être un mouton dans ce monde cimetière.
14 - L’aède en herbe
J'idolâtre les charmes subtils de Ré comme une femme,
Ses sortilèges donnent un souffle de vie à ma flamme.
Rêveur pour la vanter ! J’ai toujours l’âge d’aimer.
Mon arc-en-ciel de joie inonde l’exil d’été.
Autour, les îles donnent du relief au court îlot,
L’ombre de Vauban déboute les sots de leurs assauts.
Le Muscadet aide la venue du bateau ivre,
La rage de l’adrénaline me stimule pour vivre.
Essuies mes paupières chargées d’heures d’histoires livides,
Tes images sont des baisers sur mes rêves avides.
Une unique pensée de toi éloigne mes malheurs,
Ton sang herculéen se disperse dans mes pleurs.
J'évoque l’histoire dans ton monastère protégé,
Tu rends doux sur la grève le gel des trépassés,
Tu enracines mes nuits sur ma planète d’opale.
Je vis sur les étoiles aigues-marines ton or pale.
Tu m’abreuves dans tes caveaux de bouteilles joyeuses.
Je fredonne la ritournelle de tes vagues soyeuses.
Une goutte d’eau parle de toi, la rosée la dépose,
Je vois paraître en elle le diamant de ta rose.
« Viens me consoler mon île, tu seras ma muse,
Viens me rassurer quand le malheur m’abuse. »
L’aile d’un angelot prend ma plume et me soutient,
Il incruste dans mon feu un message du destin.
Marc : Ré Clame – 30/12/2004
L’ironie du sort reste le nom donné à mes erreurs, elle conditionne mon malheur pour me donner des petits bonheurs.
15 - La vague romantique
Je m’évade dans ma création « Tarte chantilly »…
Les vaguelettes dansent longtemps en catimini.
Je conte le discours absurde des vagues argentées.
La mienne furieuse rencontre un galet éploré !
Voilà ! Ecoute cette étonnante histoire nautique :
La vague lui dit : « Je me veux tendre et romantique »,
Elle va, vient, puis s'écrase en léchant l'élément.
Le galet lui répond : « Arrives affablement ! »
Dans l’histoire des passions, l’ardeur brûle la douleur,
Les sentiments sublimes font suffoquer les cœurs.
Le galet lui demande : « Chantes- tu pour me bercer ?
Assurément , dit-elle, c’est pour mieux t’envoûter ».
Le vieux Neptune en Dieu de toutes les mers, affirme…
Sans les galets de la grève, les vagues sont infirmes.
Elle dit : « Je te donne mon écume pour te choyer »,
Son éruption d’argent mousse sur la côte nacrée.
La moiteur de l'amour pointe en créant une ronde,
Il n’en faut pas plus pour bouleverser le monde.
Les creux troublent le galet, ils trébuchent sur les rochers,
Ils font la danse des amants, la vague se fait bercer.
Les rétais burinés par le sel me réveillent,
Le vent coule sur mon visage repu de sommeil.
Dans un vieux gréement flotte la plume d'une mouette,
Le zéphyr lui murmure des légendes de tempêtes.
Marc : Ré Clame – 3/01/2005
L’amour éphémère laisse son empreinte forte dans les cœurs ! Il arrive toujours avec les ailes d’un ange, il repart la tête basse avec l’ombre d’un démon en boitillant avec une infâme prothèse, puis il renaît sans qu’on l’attende vêtu avec l’expérience des jours embellie par la beauté du souvenir.
16 - L’oiseau des mers
Un élixir d'amour roucoule dans mes entrailles.
L’automne dévoile ses flambeaux blondis vaille que vaille !
Ré confère aux folies un regain de chaleur,
L’océan l’embellit d’une vision fraîche des cœurs.
Ce décors maritime orne mon regard serein.
Je respire l'ivresse de mes mirettes en son sein.
L’îlot rétais s’endort en rêvant à son pont,
L’ostréiculture hèle le tourisme en flonflons.
Les mouettes fredonnent la chanson du crépuscule,
A l’effondrement du jour, les garennes pullulent.
Les oiseaux envahissent le tombeau du silence,
Ils font fuir les aléas de l’univers rance.
Les yachts à voiles se pavanent face à La Rochelle,
Les marins charentais leur attribuent des ailes.
Une caravelle se courbe au-dessus de la vague,
Au cœur de sa blanche voilure mes pensées divaguent.
Elle garde dans son sillage l’écume ouvrant la mer,
Elle soigne mes rêveries et l’envie de croisière.
L’esquif montre sur sa coque une sirène habillée.
L’enjôleuse prône aux plis de son foc déployé.
Elle fend de son étrave le bleu de l'océan,
Le voilier survole les épaves aux ventres béants.
Les caravelles sillonnent l’océan à la ronde,
Les capitaines fiers y moissonnent les chants du monde.
La ritournelle de Ré chantonne les ondes physiques,
L'Amour de la mer restera ma thématique.
Sa richesse éclate sur les poussières de la grève,
Sa fascination m’entrouvre l’embrasure du rêve.
Marc : Ré Clame – 7/1/2005
L’espoir et l’imagination mènent la révolution chez les êtres pour posséder l’amour, ils restent les deux mamelles du temps pour occuper nos jours, ils ne conduisent pas à la mort, mais les hommes et les femmes les gaspillent en les tuant.
17 - Passion nue
L’amour s’adresse à la mer en scrutant le ciel…
« Je t'aime passionnément, ce sera éternel. »
L’élément à son tour lui réplique en amie…
« Je t'adore mon complice, ce sera pour la vie. »
« Ouvre-moi ton lit » dit l’amour à l’onde Bleue-turquoise,
« Ôte tes draps de dentelle bleue pour chasser ma poisse ! »
L’amour se fatigue souvent en soignant la terre.
Il repique du bonheur en sarclant de l’amer.
L’amour rajoute : « Je t'aime, ce sera notre destin »,
La mer se voit aller et venir chaque matin.
Elle s’exclame : « Nous vivrons chacun de notre côté,
En écoutant le vent, sans nous voir et parler. »
L’amour veut plier l’aile pour dormir sur le sable,
Il veut aider les candides, absoudre les coupables.
Il va dans la crique vierge sur l’oreiller de mousse.
L’amour, harassé comme la mousse, s’inquiète de tous.
Tu es l’amie câline au rivage engourdi,
Le soleil se couche, les Rétais regagnent leurs lits.
Le berceau de la vague me soufflera des rêves,
La justice sera reine sur tous les continents.
La déesse marine suit la plus belle des étoiles,
L’obscurité se lève sur le rivage des toiles,
Chante-moi les berceuses et endort les îlots
Il dit : « Demain, je pars créer un monde nouveau. »
Le ciel s’obscurcit, la fin du monde approche-t-elle ?
La platitude commence, la souffrance renaît-elle ?
Les bourgeons disparaissent, les feuilles vont-elles tomber ?
Explose tes émois car toujours je t’aimerai.
Marc : Ré Clame – 8/01/2005
La vérité garde sa drôle d’odeur cruelle, pourtant l’haleine du souvenir se rappelle de tout en détails et l’on se dit pour se consoler : Mourir d’amour ne prouve absolument rien, dans notre ramassis glauque de malheurs liés à l’ironie du sort seule la fatalité tranche, cela veut dire tout simplement… Si l’autre est le plus fort, c’est qu’on est le moins bon, c’est peut-être cela qu’on appelle être fataliste ?
18 - Ré la câline
Le ciel marin ressemble au profond de tes yeux,
La vague bleutée aux reflets d’argent comble mes vœux.
Ce trait rutilant de Phébus éclaire mon cœur,
En Ré, souffle le vent délicieux de la ferveur.
Quand la mer se déchaîne, l’élément fait l'amour,
Moi, je redeviens touriste dans un volcan sourd.
La vague déferle en Ré sur un cratère d’écume.
L’onde vole ses flâneries aux tourments de la brume.
Je médite, je glorifie l’île dans mes mirages !
Mon ardeur s'emballe de joie devant cette image.
Je sens mon bonheur grand devant tant de passion,
Je te trouve Ré, câline et tendre à ma façon.
Quand la nuit sombre, l’océan sauvage fait l'amour,
Les cumulus restent les châles ténébreux du jour.
Quand je te revois, je fais briller mon sourire
Je ne ressens qu'un désir… Encore te chérir.
Quand Ré fait l'amour, je m’en retourne à la mer,
Alors, les rouleaux me pelotent dans leurs mystères.
Quand je te médite, tu demeures mon île d'amour
Moi, comme un drogué, je reviens chez toi toujours.
De la Baleine à St Martin gisent des merveilles,
Le clocher laiteux d’Ars-en-Ré hante mon sommeil.
Je perçois dans ton site salin une affection,
Dans mon cœur aimant restera gravé ton nom..
Quand je me relis, je déguste le choix des mots,
Mon cœur bat en émoi devant autant de beau.
J'écoute mon cœur pur chanter un air de tendresse,
J’y galope pour me régaler de ces richesses.
Passant ! Regarde avec moi ce paysage morose…
Aussitôt, mes pommettes deviennent vives comme les roses.
Le rêve de ma vie se réalise et me hante,
Le désir de Ré guide mon jardin de détente.
Marc : Ré clame – 12/1/2005
Ré, reliée depuis 1988 par un cordon ombilical à la Vendée, n’en finira pas de faire battre le cœur des chouans
19 - Le caillou du bagne
Les roses trémières naissent dans une moiteur de rosée,
Les pâturages exhalent leurs arômes d'orangers.
Les confidences obscures jaillissent du monde des songes
Quand je pousse les volets bleus… Les ressacs les rongent !
Les mots de Ré non dits restent des fleurs du silence
L’île aux vélos s'offre entière au soleil en transe.
Saint-Martin en Ré tend ses bras vers la lumière,
Les forçats prient devant les reflets de l’amer.
Un galet plein de misère pleure à Saint-Martin,
Il se rappelle d’un forçat jugé bon à rien.
Le caillou tergiverse des années mal à l’aise,
Il en entame des pieds dans la prison rétaise !
Les chaussures élimées écrasent le sable sauvage,
Elles s'abandonnent béantes aux caresses du rivage.
La pierre ne peut pas courir à l'appel des vagues.
Elle ne sait que frayer inerte avec les algues.
Sans amasser de mousse, la pierre roule dans le port,
Un marin sur la plage l’abandonne à son sort.
Abandonnée de tous, accablée de hasard,
Elle vole, en catimini, l’existence des bagnards.
La pierre des songes s'enroule dans un velours turquoise,
Elle subit les quolibets d'une mouette narquoise,
Elle se fait une robe ourlée d’un volant d'écume.
La pierre mouillée attend le forçat sur la dune.
Dans mon cœur distillant l’émoi pour l’île de Ré,
Mes mots vivent au carrefour de la vérité.
Ils chassent pour toujours l’horreur et les frayeurs,
Ils décantent la frayeur pour faire fuir la douleur.
Les tragédies de la pierre aujourd’hui s’effacent.
La menotte sereine d’un chérubin la ramasse.
Le galet témoigne d’un passé inoubliable,
Le bambin distrait joue avec lui dans le sable.
Marc : Ré Clame – 15/01/2005
La recherche du bonheur irradie le cœur puis le rend malheureux. Les passions impitoyables conduisent l’être à vivre en épicurien pour s’aveugler avec des charmes révolus. La valeur simple du souvenir pur est essentielle, elle existe toujours dans la charpente d’une passion féroce, le vécu existentiel s’ancre dans le concret, il renaît dans la limite des mots sincères, son empreinte cruelle s’insinue dans les recoins les plus poussiéreux de l’encéphale blessée. La passion entre sans frapper dans la grotte impitoyable de la mémoire infinie pour faire saigner le cœur avec la couleur mauve de l’envie, on appelle cela la thérapie psychosomatique de la nostalgie, faut-il l’éluder ? Il suffit de s’en remémorer les instants fugaces pour en payer un prix écrasant au goût de plomb, elle doit vivre, il faut en être fier. Fermez les yeux et rappelez-vous des flashes de plaisir avec leurs fondements passionnés, la vie se rit de vous, riez-vous d'elle ! Aujourd'hui, le constat de mon vécu est sur une planète, car quand on a connu la fleur, on devient parfum de la fleur, il tient en ces quelques mots : « L’essentiel est ailleurs ! »
20 – La chaumine du pêcheur
Le cabanon enfumé s’élève sur la dune,
Un bateau le berce avec les anges de la mer.
La toiture de chaume brille du souvenir des lunes,
Les volets verts, quant à eux, cloîtrent bien des mystères…
L’océan démonté ondule le jour en s’assoupissant la nuit,
La brume marine emballe le toit dans l'infini.
Dans ce décors triste les nuages protègent le ciel,
Ce tableau marin possède un cœur éternel.
Des roses trémières décorent le portillon de seuil,
Les pousses sauvages sur le raidillon enjôlent l’œil,
L'escalier de cailloux montre ses arêtes moussues.
Je pense à toi en poussant la porte vermoulue,
Les murets se souviennent de tempêtes importantes,
Ces murs demeurent effluves d’embruns de vagues démentes.
Le vieux pétrin présente un nacre de l'océan.
Sur le sol résonnent toujours les pas des enfants.
L’évier de grès met en valeur les pots en étain,
Ils gardent les odeurs des souvenirs lointains.
Dans les Chambres règnent un profond silence,
Les fenêtres filtrent une lumière qui danse.
Les chouans parlent les yeux brillants de pineau.
La poussière s ‘accroche au dos du vieux piano,
La sérénité du rivage génère l'exil,
L’espérance se consume en chassant le péril.
Marc : Ré Clame – 16/01/2005
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