Auteur : ~José Chanly~

Poésies animées

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Pour voir José & lire
une description amusante sur lui-même




AÏE! COUP BAS
---
Une grèbe couve
au bord de la Meuse, à Jambes
des bateaux à quai

Sur le bateau, la dame
sourit au photographe
un monsieur très bien

Éclairs, coups de tonnerre
avant de fortes pluies
perles sur les fils

Dix doigts pour créer
pour hisser ce haïku, ouf
manque le coucou

Sol humide après
ce concerto pour orage
et deux tourterelles

Bon anniversaire
nous sommes heureux de te
voir vieillir, hourra!

Où vont ces bateaux
sur l'eau de la Sambre?
mouettes et canards dansent

Les papillons tous
absents en ce jour d'averses
même les vulcains
si présents, si familiers
disparus en haute mer

A la queue leu leu
pour aller voter, crayon
rouge et bulletins

Arsimont et terrils
Le Caire et pyramides
à chacun son dû

Sur cette route
une limace se dépêche
namuroisement

Tilleul
aux milliers de parachutes
pour le 6 juin 44

Marguerite et bleuet
se marient dans le champ
chant de l'alouette

Les fleurs du sureau
s'étalent au soleil, fuite
de deux lapereaux

Des boutons d'or croissent
dans le ciel, il faut me croire
monsieur le curé!

José Chanly

http://chanly.apinc.org/


D'AUTRES HAÏKU D'HIVER

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Chic! j'ois dans le sous-
bois la demande du pic
toc!toc! puis-je entrer?

Les trois mousquetaires
quatre hérons font la sieste
Athos inquiet

Je goûte au bonheur
en fredonnant de vieux airs
sous une pluie fine

Une lune enrobée
de brume ne compte pas
pour des prunes

Le saule sis six
ruelle de la cahute
héberge un corbeau

Sur cet arbre nu
le nid a passé l'hiver
sans oiseaux diserts

Le ciel s'éclaire à l'est
profil d'un prunier
fleuve aux mille rivières

Le vent froid me fait
rebrousser chemin
les haïku ne sont pas mûrs

Pareil à l'abeille

je produis chaque jour
ma part de miel

Un quatuor de Glinka?
non, de choucas
sur cet arbre sans noix

Pour que vous puissiez comprendre ce haïku :

Sur cette route
une limace se dépêche
namuroisement

... il est nécessaire de vous fournir une petite explication. L'emblème des Namurois est l'escargot. Les gens de cette ville - l'une des plus belles de Belgique - sont sensés être lents. Disons qu'ils prennent leur temps : ce ne sont pas des excités. Ils savourent l'instant. Ce sont des sages.

José le Namurois

Ce haïku :

Arsimont et terrils
Le Caire et pyramides
à chacun son dû

... a besoin, lui aussi, d'une explication. D'abord, Arsimont appartient à l'entité de Fosses-la-Ville. De ce village, on aperçoit des terrils, ces "monticules de déchets miniers au voisinage d'une mine". Merci, monsieur Robert. Ces monticules ressemblent, de loin, à des pyramides. Si tu visites mon site de photos, tu verras ce paysage (voir le 13 juin) :

http://chanly.apinc.org/Jose/index1.html

 

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DES ARCHANGES PÊCHENT EN EAU TROUBLE

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Le ciel coule dans
le lit de la rivière où
pêchent des archanges

Les sansonnets en
me voyant prennent la poudre
d'escampette, un sot!

Un papillon blanc
se pose sur la pâquerette
fléchissement

Parmi des centaines
de fleurs blanches un bouton
d'or - mira ce soir

Toujours l'impression
que le rouge-queue tente
d'ouvrir un coffre-fort

Un jour s'en va comme

il s'en est allé hier
moins un dit la peine

Dans l'étang du coin
coin! nul canard, une carpe
écoute un coucou

Ce martin-pêcheur
voisin d'une foulque fuse
le long de la rive

Il ne chante pas
cocorico! le coquelicot
trop de sang

La pâquerette de mai
croît tant qu'elle se mue
en marguerite

Au boulot le pic-
vert psalmodiant dans le pré
des vers de Prévert

Sous la lune blanche
vole un oiseau blanc
tous deux noyés dans le bleu

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http://chanly.apinc.org/Jose/index1.html

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José Chanly


DRÔLE D'OISEAU POUR LE CHAT

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Le noisetier change
de couleur comme Solange
quand on la louange

Ce lièvre au milieu
du champ, drôle d'oiseau pour
la buse au lasso

Il s'en va poussé
par son destin dans la ruelle
l'urne ou la tombe

Offoux en pays
de connaissance, l'air est
vif si pas l'esprit

A Durbuy tout bruit
la rivière sur les pierres
le vent dans les branches

Cris plaintifs de mouettes
au-dessus de la Sambre
Namur n'en a cure

Image insolite
de ce geai parmi les poules
courroux du coq blanc

Vois les chatons jaune
pâle du noisetier
tremblotant sous le vent

Nous vivons tous
dans un camp de concentration
souffrances, fumée

Ce soir des nuages
s'amassent pour saintement
te bénir demain

---


HAÏKU D'UN HIVER BELGE

---

L'aube lutte avec
cette longue nuit d'hiver
ébrouement du coq

--- La lunette arrière
d'une auto rouge de honte
est blanche de givre
---
Alors qu'il urine
dans un pré, l'écureuil roux
va de branche en branche
---
Je ne voudrais pas
être poulet ou canard
de Chine, laqué
---
La plage en instance
de pollution s'illusionne
face à la mer bleue
---
Ne sommes-nous pas
de gros flocons s'effaçant
sur un sol humide?
---
Un voisin promène
son mâtin tôt ce matin
coq chantant matines
---
Trois canards au vol
rapide rament dans l'air
criblé de flocons
---
Ils passent devant
la fenêtre, ces flocons
blancs un rien flemmards
---
Neige à la fenêtre
toile vive de Seurat
tu ravis l'enfant
---
Ce soir l'enfant
rentre chez lui en luge
et son père encordé
---

http://chanly.apinc.org/

http://chanly.apinc.org/Jose/index1.html


HUMONS L'HUMOUR

Il ne faut pas croire que l'humour (parfois noir) est absent des haïku. Pas du tout! "J'aime - écrit Maurice Coyaud - cet irrespect" qui se loge dans les poèmes des grands haïkistes japonais. Je vais donc leur emboîter le pas en vous offrant quelques poèmes de ma composition. Ils sont guidés, non par des règles strictes (5/7/5), mais par l'inspiration du moment. Ils sont donc libres comme l'air : ---

Écureuil roux ou rat
applaudissements nourris
hip hip hourra!

La pie prie
son dieu bicolore
le corbeau son roi nègre

Ah, rat qui rit jaune
en traversant la route
perte de quelques plumes

De la queue ce veau
bat la mesure pour
un concerto de mouches

Sous un chapeau conique
l'église endosse
sa robe de briques

Vierge de Czestochowa
noircie par les fumées
d'Auschwitz

Fête des anges gardiens
en ce deux octobre
salut, mon pote!

Bon anniver... chut!
soixante et six berges
fleuve pollué

Sur le lac, le cygne
de Sully-Prudhomme
enregistre des vers

Les jambes en l'air
la fille invoque
saint Antoine de Padoue

Le pic s'enfuit
vert de peur
suis-je un épouvantail?

La bûche se consume
comme Jeanne d'Arc
parfois, une plainte

Face au mulot athée
une crécerelle
supplie le ciel

Qu'une feuille jaune un jour
puisse regagner l'arbre
et s'y tenir

Fleur de cimetière
sur main de sexagénaire
vert, elle exagère

La flèche décochée
joliment empennée
le pivert!

Les choucas ne chôment
pas en becquetant
le champ de chaume

Sur la Sambre un chaland
pas si lent que ça
dit la mouette

Il fanfaronne
j'en ai fait hululer
sous la lune plus d'une

La souris enserrée
par les crocs du matou
voyage à l'œil

Les sapins du lac
offrent aux hérons
le gîte sans le couvert

Dis papy? oui?
quand je serai aussi vieux
que toi, tu seras mort?


J'AIME 

ton corps 
lorsqu'il est chaud 
lorsqu'il a 
dans le lit 
longuement cuit 
à l'étouffée 
à la manière des vahinés 

j'aime 
car me sens 
alors l'âme d'un violoncelliste 
pour te jouer des airs 
de liszt 
ou de schubert 
dont les effets s'avèrent 
un rien pervers 

j'aime 
ton corps 
lorsqu'il est chaud 
qu'il enfle 
qu'il frétille 
sous les ondes du plaisir 
en chantonnant 
une mélopée 
et que la chantepleure... 

j'aime 
lorsqu'il se rend 
en m'étreignant 
à m'étouffer 
lorsqu'il a cuit 
à l'étouffée 
à la manière des vahinés 

j'aime... 

(= poème extrait du recueil : "tout mon royaume pour une varlope") 

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http://chanly.apinc.org/rh.html


LA MESANGE LIT SANS LUNETTES

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Boîte aux lettres
la mésange charbonnière
lit le journal sans lunettes

Entre ciel et sol
un soulier sur une bitte
d'amarrage, image

Chemin de halage
vieil homme couleur muraille
déambulant, bulle

Coups de martinets
en vol comme ceux promis
jadis, soyez sages!

D'un ver allégé
sort tout joyeux de ma remise
le rouge-queue

La brise libère
les pétales d'un pommier
chant flûté du merle

Nuée de mouches noires
contre le pare-brise
variante biblique

La dernière ronde
des martinets avant lune
et chauves-souris

Soir
chant du merle avant
qu'il ne disparaisse dans le noir

Deux hommes l'un sombre
l'autre à la chemise claire
exercent leur langue

Mur jaune fêté
par Marcel Proust inspiré
là, ensoleillé

Veux-tu posé sur
le filet de badminton
jouer, rouge-queue?

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José Chanly


Dans "les Très Riches Heures du duc de Chanly", on peut lire le poème suivant :

LA REINE
DE CZESTOCHOWA

"Plus jamais!"
décrétait
une affiche
jouxtant le carmel
d'Auschwitz
devant lequel
avec un léger temps
de retard veille
et prie
la Vierge Marie

Marie...

Des grappes de bébés
d'enfants éperdus
qui se cramponnent
aux robes des mamans
des aïeules et
le ciel suppliant
de leurs aigres voix
qui tonnent
en pure perte
Marie!

En pure perte
Marie!
puisqu'ils seront
dans les bras
de leurs mères
nus et
gazés comme des rats
pour expier
selon la rumeur
la Mort de ton Fils
sur la divine Croix

Dis
pourquoi n'as-Tu
pas cillé
montré du doigt
houspillé
Dieu le Père
devant tant d'horreur
afin de protéger
ces petits bouts
d'hommes et de femmes
Toi
la Reine
de Czestochowa?


LE PETIT POUCET SE PROMENE...

--- --- ---

Le Petit Poucet
se promène dans le bois
sans trop d'émoi car
en poche il cache des pierres
aux reins à semer! semer!

J'aime le premier
mai consacré au travail
croisons-nous les bras

Pré le merle trotte
par à-coups, vigilant
sous un flux de pétales

Sur le noyer
des cris de souris
deux mésanges à longue queue

Des chauves-souris
sous un croissant de lune
premier chant du coucou

Des pétales tombent
du cerisier dans le pré
tableau pointilliste

La pâquerette s'apprête
à clore sa corolle
abeille, à demain!

Lampes d'un chemin
de halage où l'âme
de Paul Delvaux se promène

La demeure a fait
sienne une fable de Jean
dansez maintenant!
les bûches en tas sont là
pour affronter les grands froids

Le pré tondu plaît
au merle qui par saccades
déguste des vers

Acrobate ailé
le vanneau huppé
pique comme feuille morte
Quiétude du sous-bois
de temps à autre qu'est-ce ?
l'envol d'un ramier

Ce soir la merlette
mange avec grand appétit
bénie soit la pluie!

Les toits de Gourdinne
posés sur le coteau telles
des tuiles, aigrettes
dans un champ de pissenlits
à ne cueillir pour Auschwitz
--- --- ---


---
LES NOCES DE CANA
---

Namur s'enjolive
le long de la Sambre tout
change fleurit rit

Il était aux soins
intensifs! il ne voyait
plus clair... deux commères

La rue piétonnière
l'oeil en balade s'éclaire
oh! le beau derrière

Plane à Suarlée
l'âme de Yourcenar en
quête d'une mère

Village embrumé
tu t'éveilles en toussant
par la voix du coq

Du haut d'un prunier
la mésange charbonnière
entonne son chant


Bruit d'une ambulance
la mésange charbonnière
poursuit son ramage

Bruit d'une ambulance
je vois une tache jaune
fondre sur sa proie

Chant de l'alouette
ciel bleu soleil futur miel
de l'abeille, éden
Le sous-bois se vêt
d'un mince duvet de feuilles
écrivons : printemps

Sortent du bois trois
biches au derrière blanc
vol d'une chouette

De ce village
monte l'appel d'un coq
à quand l'écho de la cloche?

Chez tante Paula
un pinson du matin boit
ce vin de Cana
puis embouche le clairon
debout tous les moribonds
---


LES TOURTERELLES TURQUES
NE FRAYENT PAS LES GRECQUES
---

Ces martinets se
croient à un meeting, loopings
piqués pauvres mouches

Tourterelles turques
ne frayent pas les grecques
pour une histoire de Chypres

Trois aigrettes au
bord de l'eau, notes d'espoir
du martin-pêcheur

La bergeronnette
printanière est à l'étroit
dans ce court poème
mieux vaut un champ de colza
pour elle voire un tanka

Dans ce coin champêtre
d'Ittre fleurs et vaches blanches
prennent le pouvoir

Bois-Seigneur-Isaac
pourquoi papa s'apprêtait-
il à t'égorger?

Les soies capillaires
du pissenlit obéissent
quand le vent crie - go!

Un rayon de soleil
allume les boutons d'or
voix du faisan

Au bord du chemin
des bergeronnettes grises
frétillent, qu'éprouvent-
elles à ce moment-là
pour exprimer tant de joie?

Malgré le brouillard
un merle se pose sur
le fil, note noire

Une rangée d'arbres
frémit au jaune passage
d'un champ de colza

Des oiseaux s'appellent
le lilas embaume l'air
balade du vent

Le merle noir siffle
la fin de cette journée
pâquerettes closes

Chaque soir la nuit
plante sa noire tente et
campe, espoir de l'aube

---

---

José Chanly


LES ZEROS DE PEARL HARBOR
VOUS FOUTENT EN L'AIR
LES MATHEMATIQUES
---

Deux perdrix survolent
le pré comme les zéros
à Pearl Harbor, boum !

La pie par son cri
avertit la gent ailée
approche du chat

Vitrival, cet homme
brûle l'herbe d'hiver dans
un verger en fête

Ce nuage peint
par Magritte abrite l'ire
d'une alouette ivre

Vois ces pruniers en
fleurs malgré le poids des ans
leçon pour bibi

Le long d'un chemin
d'avril elles penchent leur
tête les pervenches

Quand il la touchait
grenouille sur le dos et
yeux clos elle allait

Dites, primevères
vous qui semblez de travers
sous ce vent d'ouest
qu'est-ce qui vous maintient en
vie, l'espoir d'un paradis?

Il lutte avec cran
le faucon contre le vent
épiant le champ

Des milliers de fleurs
blanches se posent légères
sur notre prunier

Pauvre pissenlit
qui croît dans l'indifférence
jamais en bouquet

Mère est en poussière
comme son front l'était chaque
mercredi des cendres

Le bouleau malgré
ses crimes ne manque pas
atchoum! d'élégance

Macadam, la fourmi
rouge de Kansas City surfe
sur le Net

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Oeufs de Pâques

Chers lecteurs,

En ce lundi de Pâques, je tenais à vous offrir, en guise d'oeufs, ces haïku de rêve accompagnés d'un tanka. Ne me remerciez pas : contentez-vous de les savourer.

---



Fenêtres de Pâques
illuminées par la grâce
électrique, hélas !

Allée toute blanche
d'aubépines, le geai tance
la mariée, divorce

Ma Sambre natale

ce soir, un canal hanté
par Rops et ses filles

Un oiseau s'acharne
sur le tronc du noisetier
le pic au cul rouge

Des notes sonores
un troglodyte mignon
la queue en trompette

Le soleil enivre
des mésanges, les buissons
chantent, promenade

Slalom entre les flaques
d'une semaine peineuse
samedi saint

La sittelle tête
en bas visite le tronc
d'un arbre pascal
ne souffrirait-elle pas
dans ce cas d'hémorroïdes?

Dans la mare
ma binette de sexagénaire
sans rides, merci!

Cette horloge égrène
trois coups chaque jour que Dieu
fait, à quoi ça rime?

Le soleil descend
alors que l'alouette ivre
monte monte tombe

Pour son déjeuner
le merle joue au marteau-
piqueur dans le pré

Un cabot m'agresse
dans ce paysage agreste
tintamarre d'oies

---


PLEURS D'UN MARTIN-PÊCHEUR
---

Poissons d'avril plus
nombreux qu'en rivière, pleurs
du martin-pêcheur

Une tourterelle
mâle énerve sa femelle
poursuite érotique

Grive musicienne
tu nous charmes par ta voix
pourquoi cette fiente ?

Mes ancêtres vont
et viennent dans mes pensées
bonsoir Célestine
morte en mil neuf cent dix-sept
comme un poilu de Verdun

Jour ensoleillé
tu t'en vas à pas pressés
la grive a chanté

L'horloge de feu
mes grands-parents sonne onze heures
du soir, feuille morte

Elle tourne et tourne
la buse infiniment tel
un moulin de Flandre

Soleil en balade
il flamboie le forsythia
fleurs jaunes en joie

Le ciel vespéral
rejoint la Meuse éclairée
silencieux poissons

Sur un fil la pie
est la demi-blanche d'une
sonate venteuse

Des sous-bois tout blancs
d'anémones, pas de biches
paissant dans les champs

Au bord du chemin
quelques primevères croissent
oh corbeau croasse!
car des rimes même pauvres
enrichissent un tanka

Chant de la fauvette
une feuille me dépasse
l'hiver fout le camp

Dans le val abois
d'un village voix de la cloche
trille de l'oiseau
je pédale l'âme en paix
loin des cris et de la douleur

Les ombres s'allongent
la fleur se coiffe en chigon
chant flûté d'un merle

Elle lutte contre
le vent d'ouest, l'alouette
en s'égosillant

La femme qui passe
tel un bateau qui tangue, être
son beau matelot

L'humble pissenlit
est revenu, dédaigné
par les auteurs d'odes
moins prisé que l'aubépine
aux mille et une fleurs blanches

José Chanly

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SELON LES SANSONNETS
JE SUIS UN GRAND SOT
QUI SENT LE HARENG SAUR
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Humons la fleur d'églantine
sans aspirer cette mouche
zut, atchoum!

La pâquerette de juin
croît tant qu'elle mue
en marguerite

Me fait force courbettes
ce matin le rouge-queue
Soleil-Levant
Le long de l'eau vivent
un saule aux yeux étonnés
tête ébouriffée
et le frais coquelicot
que le temps comme nous guette

Nous nous promenons
dans Thozée Rops Baudelaire
et moi, beau trio

Parmi les marguerites
bleuts et boutons d'or
font au blanc la nique

Après la pluie vient
fêté par un merle en verve
le soleil de juin

Sous le bouleau l'eau
tremble, pointilliste
flèche du martin-pêcheur

José d'un an moins
jeune est en ce mois de juin
revenant hélas
trop souvent le visiter
ce qui le fatigue bien

Rassasié le merle
après l'ondée, que de vers
sans rime à manger!

Les sansonnets en
me voyant prennent la poudre
d'escampette, un sot!

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http://chanly.apinc.org/
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José Chanly


VERS QUOI VA-T-ELLE
CETTE JEUNE NAMUROISE?

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Haiku et tankas illustrés :

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Vers quoi va-t-elle
cette jeune Namuroise
vers l'urne ou la bière?
bois encor quelques bons verres
avant la bière ou bien l'urne

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Dame à vélo croise
un chaland pas si lent
que chat dit la mouette

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Deux buses décrivent
haut de lentes et fascinantes
circonférences

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Le soleil visite
un champ de colza qui rit
d'aise, suis si beau!

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Les toits de Gourdinne
posés sur le coteau telles
des tuiles, aigrettes
dans un champ de pissenlits
à ne cueillir pour Auschwitz

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Des millers de fleurs
blanches se posent légères
sur notre prunier

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De la brume sortent
façades blanches et sombres
troncs en file indienne

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José Chanly
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http://chanly.apinc.org/Jose/index1.html